
Par Kamel Benelkadi - El Watan
La destination Algérie n'est pas assez visible à l'international, parce qu'elle n'est pas assez valorisée dans les circuits internationaux.
Les éditions Casbah viennent d'éditer un livre, L'économie du tourisme, un investissement d'avenir pour l'Algérie, rédigé par Karim Cherif, entrepreneur et PDG de la chaîne hôtelière Eden. Il a analysé avec lucidité et intelligence le développement de ce secteur, en dépassant la traditionnelle vision qui se limite à exposer les potentiels naturels et infrastructurels.
A travers cet ouvrage de 196 pages, l'auteur mesure les implications économiques d'un secteur créateur d'emplois (1 emploi direct entraîne 10 emplois indirects), l'impact sur la balance commerciale et la croissance du PIB. Pour lui, aucun progrès ne pourra être fait sans «un Etat facilitateur et régulateur».
Le livre traite aussi des expériences réussies en Tunisie, en Turquie et en Chine. Il évoque les assisses du tourisme de 2007 et 2008, qui ont déjà mis en évidence à l'époque le déficit d'image de la destination Algérie, un rapport qualité/prix non attractif et une prestation de service médiocre.
Il évoque l'organisation des XIXes Jeux méditerranéens en 2021 à Oran, qui doivent être mis à profit pour promouvoir «toute une région et même au-delà tout un pays». Il assène certaines vérités : «Vendre une destination implique une mobilisation de tous les acteurs du secteur (hôteliers, tour-opérateurs, compagnies aériennes).
Si les autorités algériennes peuvent s'enorgueillir d'organiser chaque année un Salon international du tourisme et des voyages (Sitev), la réalité est quelque peu différente. Cette manifestation est organisée pendant trois jours à Alger au mois de mai, ce qui en soi n'est pas très adapté, car juste placée dans le calendrier avant la période estivale.»
Le site web du Salon est d'une pauvreté affligeante. «Ce site devrait avoir plus d'interactivité. On devrait y trouver la liste de tous les exposants par métier, avec leurs coordonnées et leurs sites internet où, d'un simple clic, on pourrait se réorienter sur celui de l'exposant. Il n'y a aucune indication sur les statistiques de la précédente édition, comme le nombre et le profil des visiteurs», est-il mentionné.
Si la destination Algérie n'est pas assez visible à l'international, c'est parce qu'elle n'est pas assez «marketée» et valorisée dans les circuits internationaux. Pour Karim Cherif, «Travailler dans le secteur du tourisme impose non seulement des compétences, mais aussi un certain état d'esprit. Il ne s'agit pas seulement d'être en capacité de faciliter le séjour des touristes, mais aussi de les inciter à revenir».
Le tourisme domestique est lui aussi un créneau à développer, mais il semble avoir du mal à décoller. Il faut revenir aux fondamentaux : la loi de l'offre et de la demande. Les capacités en termes d'infrastructures d'accueil sont encore insuffisantes pour répondre à la demande toujours en expansion, et qui découle en Algérie, de deux grands typologies de clientèles : la clientèle nationale, et la clientèle de notre communauté résidant à l'étranger. En somme, l'auteur reste convaincu que pour ne pas perdre la crédibilité, il faut passer en urgence des paroles aux actes.
Posté par : litteraturealgerie