Algérie

11e congrès de l'UGTA Tractations et marchandages au sommet


Il a fallu l'intervention du président de la République pour empêcher la désignation de Salah Djnouhet au poste de secrétaire général adjoint, nouvellement créé par l'UGTA après amendement de ses statuts par son 11e congrès dont les travaux ont été clos hier. Jamais congrès syndical n'a été aussi houleux et énigmatique que ce 11e congrès que l'UGTA a organisé pendant trois jours à l'hôtel El-Aurassi. A l'origine d'une forte confrontation des divers courants traversant l'organisation, la décision des pouvoirs politiques en place de créer le poste de secrétaire général adjoint au niveau de la centrale syndicale et de le confier à Salah Djnouhet, secrétaire national chargé de l'organique et secrétaire général de l'Union de la wilaya d'Alger. Vue sous cet angle, une telle innovation devait projeter sur l'organisation de Sidi Saïd la configuration des pouvoirs et rapports de force en place, de façon à contenter les tenants des équilibres au niveau des centres de commandement. Répondant des sphères décisionnelles qui ont mis en avant Ahmed Ouyahia et qui le maintiennent en pole position en cas de besoin de... changement, Salah Djnouhet devait servir dans ce cas à redresseur de barre au niveau de l'UGTA. Si l'on dit ici et là que le poste de SG adjoint a été accepté en haut lieu après moult négociations entre les pouvoirs en faction, il paraîtrait que le nom de celui qui devait l'occuper, s'il devait être Djnouhet pour une partie de ces pouvoirs, il ne devait l'être en aucun cas pour l'autre partie, celle-là bien implantée. Cette dernière, qui n'est autre que celle agissant pour le compte du président de la République, voulait reconduire les équilibres comme elle l'entend et désigner un syndicaliste de l'Ouest à ce poste, puisque le SG — Sidi Saïd - est du centre (Union de Tizi Ouzou). Etant SG de l'Union d'Alger, Djnouhet est donc compté du centre et ne devait pas en bénéficier. Sauf à faire référence à son origine jijélienne mais là n'était pas le but. Il était devenu impossible de débuter les travaux de la troisième et dernière journée sans régler cette question de partage de pouvoirs au sein de l'UGTA. D'autant qu'en tant que responsable de l'organique, Djnouhet avait bien ficelé les choses en sa faveur en organisant, la veille, l'élection des 281 membres de la commission exécutive nationale (CEN). « La méthode utilisée pour élire ces membres par wilaya ne répond ni aux statuts ni à l'éthique, c'est une honte ! », avaient lancé des syndicalistes déçus. En fait, il n'y a pas eu élection, ce sont les secrétaires généraux de wilaya qui avaient voté à la place de leurs délégués. «Cooptations et allégeance»

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