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DESTRUCTION SYSTÉMATIQUE DU CORDON DUNAIRE DE LA WILAYA D’EL TARF: Le vol de sable se fait au vu et au su de tous

DESTRUCTION SYSTÉMATIQUE DU CORDON DUNAIRE DE LA WILAYA D’EL TARF: Le vol de sable se fait au vu et au su de tous
Le cordon dunaire de la wilaya d’El Tarf, long de 92 km, est soumis à rude épreuve et subit de plein fouet une destruction et un sabotage systématique sans commune mesure. La destruction des côtes et le sabotage des nappes phréatiques sont en train de devenir un phénomène anodin et s’installent, par ailleurs, dans la durée.

Que ce soit à M’ridima dans la commune d’El Kala, à Aïn Khiar dans la commune d’El Tarf, dans la commune de Berrihane, ou encore sur la côte de la commune d’Echatt, le pillage de sable se fait au vu et au su de tout le monde. Ces sites connus par tout le monde ne sont que la partie visible de l’iceberg.

Des sources concordantes et averties ont affirmé, mordicus, que «ce phénomène est une corrélation logique et rationnelle des effets de la corruption généralisée qui gangrène les différentes institutions de l’Etat qui sont censées appliquer les lois coercitives de la République, mais qui, hélas, laissent faire parce que tout le monde est gagnant et trouve son compte. C’est un commerce illégal très juteux».

Dans la commune d’Aïn Khiar, à titre d’exemple et selon des indiscrétions de certains barons connus sur la place publique et qui écument les cafés, le montant à débourser pour le chargement qui dépend du tonnage de votre engin (camion ou bennes de tracteur), est à partir de 4.000 DA. Une somme qui prend en compte plusieurs paramètres parce que plusieurs autres parties sont impliquées dans ce phénomène mafieux.

Cependant, ce qui est incompréhensible est cette omerta qui s’est installée dans cette wilaya ou que ce soit lors des sessions de l’APW ou les réunions du conseil de wilaya et pour cause, personne n’évoque le fléau du pillage de sable, on préfère regarder ailleurs.

Pire, les rapports de la Direction de wilaya de l’environnement n’abordent pas cette problématique préjudiciable pour les zones humides de la région et, par ricochet, pour la biodiversité du Parc national d’El Kala (PNEK). Sachant que parmi les prérogatives de ladite direction, c’est de «travailler en concertation avec les différentes structures de l’Etat à l’effet de prendre les mesures indispensables pour lutter contre toutes sortes d’atteintes à l’environnement dont entre autres, la désertification, la pollution, les défrichements et la protection de la diversité biologique».

Pire encore, la Direction de l’environnement abrite en son sein l’Agence nationale du littoral qui est une entreprise étatique à caractère administratif, créée depuis le 5 février 2002 et qui a pour prérogatives la protection du littoral ainsi que l’application des lois le protégeant, mais on n’en entend pas parler et c’est à se demander à quoi sert cet appendice administratif. Cette agence dispose de trois ingénieurs, en plus.

Dans la même veine, les bilans d’activité des services de sécurité n’abordent guère ce sujet sensible.

Quoi qu’il en soit, en dépit de l’existence du sable concassé, on préfère le sable des plages parce que les prix de l’informel sont plus abordables et que ce matériau est meilleur en qualité physique.

Il serait temps de penser à ouvrir des sablières de petites tailles afin de normaliser l’exploitation de cette richesse et du coup, permettre à certaines communes déficitaires d’équilibrer leur budget de fonctionnement. Une solution qui casserait, inéluctablement, aussi les connivences criminelles à tous les niveaux.


Daoud Allam

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