Algérie

Des chaussures avec des inscriptions en hébreu et un chèque en bois



Le tribunal correctionnel de Constantine, sis à la cité Ziadia, a traité hier, une affaire d'émission de chèque sans provision qui devait servir au paiement d'une importation, à partir des USA, de 10 mille paires de chaussures de sport, pour un montant global de 6 millions de dinars algériens, constituant une partie du montant de la transaction. Ne disposant pas de l'argent nécessaire à cette opération, l'importateur avait emprunté auprès d'un tiers auquel il a remis un chèque en guise de garantie. Et c'est ce créancier qui a déposé plainte auprès de la justice contre l'importateur pour chèque sans provisions. La genèse de l'affaire remonte à la réception, en 2007 au port de Skikda, de 04 containers de chaussures portant des inscriptions en hébreu. Les services chargés du port ont immédiatement procédé à la saisie et à la mise sous scellés de ces chaussures, en attendant les mesures nécessaires que devaient prendre les autorités chargées de ce dossier. Finalement, après de nombreuses démarches, la situation a été débloquée avec la restitution de la marchandise à son propriétaire. Après un premier report, l'importateur était hier à la barre, pour répondre du chef d'accusation d'émission de chèque sans provision. Au cours de l'audience d'hier et devant le prétoire, B.A., l'accusé, arguait que son chèque, signé à blanc, devait servir uniquement de garantie et ne devait en aucun cas être utilisé pour encaisser la somme de 100 millions de centimes représentant le montant de la garantie donnée au plaignant. Celui-ci, selon l'accusé, a mis sur le chèque et à son insu un autre chiffre, à savoir 418 millions de centimes, montant qu'il a rejeté, pendant toute la durée de l'audience. La partie civile, représentant le plaignant, a précisé que « ce qui nous importe le plus, c'est la somme libellée sur le chèque ». Et d'ajouter, « qui pourra nous prouver le contraire de ce qu'avance mon client, et que le chiffre inscrit est faux », a conclu la robe noire. Le représentant du parquet, qui s'est dit scandalisé « par ces agissements néfastes qui portent préjudice à la notoriété du pays », a requis 5 ans de prison ferme à l'encontre de B.A, tout en proposant que le tribunal ordonne son arrestation durant l'audience. La défense de l'accusé a axé son intervention sur l'honnêteté de son mandant qui n'avait, à aucun moment, voulu en arriver là, ni nuire à son pays. Ce n'est qu'un concours de circonstances très malheureux. Selon elle, son client a passé commande auprès d'une société américaine et avait lui-même été sidéré et surpris de cette arnaque de la part de son fournisseur qui n'avait pas mentionné l'existence d'une inscription quelconque encore moins en hébreu. Quant au chèque, « il n'y avait aucun montant inscrit dessus lors de sa remise. Et d'expliquer que pour s'acquitter de cette dette, son client a été contraint de vendre son logement pour l'honorer ». L'avocat a enfin prié le tribunal d'accorder des circonstances atténuantes à son mandant et un délai lui permettant de rembourser la somme restante, montant de sa commande. Après la mise en délibéré, le tribunal pénal a décidé de rendre son verdict la semaine prochaine, tout en laissant l'accusé en liberté. Donc affaire à suivre.
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