Algérie

DECEDEE HIER A PARIS, Cheikha Rimitti n’est plus

Cheikha Rimitti, de son vrai nom Saâdia Bediaf, s’est éteinte, hier après-midi, à Paris, à l’âge de 83 ans. La diva du raï est décédée suite à une crise cardiaque, a indiqué sa maison de disques «Because Music», citée par l’APS. Née à Tessalah, près de la ville de Sidi Bel-Abbès, le 8 mai 1923, Saâdia Bediaf, était l’une des grandes figures de la chanson raï. Son dernier concert a eu lieu, vendredi dernier, au Zénith de Paris et elle avait prévu d’autres spectacles durant cet été, à l’occasion du Festival Orient (Stockholm, 10 juillet), de celui des Sud (Arles, 11 juillet), des Escales (Vénissieux) et du Festival «On dirait le Sud» de Grenoble.

En 1952, elle a enregistré son premier disque. Elle a, depuis, composé plus de 200 chansons. Elle a reçu, entre temps, le grand prix du Disque 2000 de l’Académie Charles Cros. Son dernier album, «N’ta Goudami», est paru, il y a quelques mois.

Rimitti a vécu dans les années 30, dans l’Oranie profonde, la naissance du raï. Ses débuts dans la vie ont été difficiles. «La misère est une école où l’on n’a pas envie de redoubler. J’ai été obligée de chanter pour gagner ma vie, il a vraiment fallu beaucoup de courage pour le faire», avait-elle confié à l’AFP en mars, dernier.

 Orpheline, elle avait suivi une troupe de musiciens nomades. «Je participais aux fêtes en l’honneur des Saints, entre Relizane, Oran et Alger. On invitait les plus grandes chanteuses, comme Oum Keltoum ou Cheikha Fadela la Grande, je montais à cheval lors de la fantasia, avec un fusil dans chaque main et je tirais», racontait-elle.

Elle a quitté l’Algérie durant les années 1970 pour s’établir en France, où elle animait les soirées dans des cafés communautaires. Au fil des années, et même si elle s’estimait mise à l’écart, elle était devenue l’ambassadrice internationale du raï et avait touché un nouveau public à la fin des années 90.

 Elle prétendait, d’ailleurs, que les vedettes actuelles de cette musique de l’Oranais avaient pillé son répertoire et qu’elle voulait prouver qu’elle pouvait faire aussi bien sinon mieux que tous «ceux qui m’ont volée et écrasée», avait-elle déclaré.


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