Algérie - Revue de Presse

Communiquer (2)


Cela peut faire un baume au c?ur de voir et entendre le chef de l?Etat délivrer - à la tribune de l?Université des Nations unies - un diagnostic partiellement objectif des réalités algériennes - et surtout d?énoncer sa ferme volonté de résoudre, en Algérie, l?équation une voix de femme égale une voix d?homme. Il a dit aussi son dépit de voir son pays exsangue de l?exode massif de sa jeunesse formée dans le pays. Pointant clairement devant de nombreux décideurs japonais que quatre brillants jeunes informaticiens ont choisi récemment d?être recrutés par de grosses boîtes nippones. Il aurait pu, le Chef de l?Etat, caser à côté de ces jeunes nationaux le désastre du phénomène social de dizaines de milliers de jeunes achetant à coût ruineux le départ. Pas vraiment différemment de leurs congénères de Palestine, se bourrant d?explosifs comme ultime solution de communiquer, et essayer de connaître, enfin, un avenir. Il a dit aussi, en ce « temple du savoir », que la liberté de la presse en Algérie doit être pleine et entière, en épousant les principes universels en matière de déontologie. D?ici, on aurait tort de ne pas souscrire à cette sagesse de mots. Mais il y a un mais dans l?art de communiquer du chef de l?Etat. Parce que, ici, en Algérie, devait se produire, ce début de semaine, un séminaire pour remuer civiquement nos moyens et vues de faire aboutir un credo fédérateur : nos médias doivent être utilisés comme outils de liberté et de lien social. L?honorable britannique BBC, dont l?exigence en matière de respect du service public de l?audiovisuel est respectée mondialement - et que le néolibéral et va-t-en guerre Premier ministre Blair n?a pas réussi à casser - a proposé d?organiser cette rencontre. Des mois avant, nos responsables ont donné leur visa de censure à la chose. Le ministre Haïchour y a été jusqu?à inscrire son discours introductif aux débats entre éditeurs de journaux, journalistes, syndicalistes et chercheurs. Faute de visas délivrés à nos amis de la BBC, l?honorable institution a dû annuler, in extremis, cette rencontre qui aurait pu nous faire avancer sur les chemins de la connaissance et de la communication. Une note « d?optimisme de la volonté » tout de même : les dirigeants de l?université Saâd Dahleb de Blida ont réussi à organiser, ces mêmes jours d?interdit, un novateur séminaire préparatoire d?une postgraduation spécialisée en journalisme scientifique, accompagné d?universitaires algériens et français de l?excellente Ecole de Lille - qui ont décroché leur visa.
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