Algérie

Blida : Belkhadem parle de «sécurité linguistique»

Le parti du Front de libération nationale (FLN) a été la troisième formation politique, en l'espace de quelques jours, à organiser son université d'été au niveau de l'université Saad Dahlab de Blida.

C'est donc hier dimanche qu'Abdelaziz Belkhadem, le SG du FLN, a inauguré ces travaux qui se poursuivront aujourd'hui et qui auront comme thème principal: «l'université et la société, enjeux et perspectives». M. Abderrahmane Belayat, membre du bureau politique du parti, a commencé par présenter le programme, les titres des dix conférences et leurs auteurs ainsi que les ateliers de travail qui auront à discuter des thèmes présentés. M. Belkhadem devait ensuite prononcer le discours d'ouverture et inaugurer les travaux de cette université. Il commença par rappeler les derniers attentats qu'ont connus les wilayas de Boumerdès et de Bouira dont il qualifia les auteurs «d'assassins assoiffés de sang et de monstres qui sèment la mort et la désolation». Mais «l'Algérie qui a affronté les années de braise avec courage et s'est relevée grâce à ses enfants n'abdiquera pas devant ce nouveau défi, et le peuple algérien saura les combattre avec le courage que nous lui connaissons».

Concernant le thème choisi pour cette université d'été, le SG du FLN rappellera que l'université est indissociable de la société et qu'elles influent l'une sur l'autre, pour se compléter et faire avancer la nation vers le meilleur. Il dressa un historique succinct de l'université algérienne qui, a-t-il rappelé, «ne comptait qu'un millier d'étudiants dans une seule université au lendemain de l'indépendance. Aujourd'hui il y a 60 universités et centres universitaires répartis à travers le territoire national avec 1 million 200 mille étudiants, dont 50% sont hébergés dans les cités, 80% touchent une bourse et la presque totalité sont transportés jusque chez eux».

Après avoir mis en exergue les différentes réformes qui ont conduit l'université à «une amélioration quantitative et qualitative certaine», le chef du FLN se tourna vers la langue arabe dont il se fit un fervent défenseur en affirmant que «la langue représente le lien entre tous les membres d'une même nation et c'est le meilleur moyen pour prouver sa force et son savoir».

Il appela les citoyens et les universitaires en particulier à faire de la langue arabe une langue mondiale et scientifique, «car chaque nation doit apprendre les sciences avec sa propre langue, et l'arabe est une langue qui a les capacités requises». M. Belkhadem reprit d'un ton amer: «Nous ne devons pas nous en prendre à nos ennemis quand ils dénigrent l'arabe car le plus désolant et le plus grave c'est quand cela vient de nos concitoyens, nos frères qui voient en l'arabe une langue morte qui ne peut être utilisée pour enseigner les sciences». Mais, continua-t-il, «c'est un signe de leur allégeance linguistique à l'Occident, ce qui d'ailleurs entraînera une autre allégeance, celle de la pensée et de la politique, c'est donc une crise de personnalité que connaît l'Algérie pas une crise linguistique».

Il rappela que certaines voix se sont élevées parmi les Algériens pour faire de la connaissance du français une condition sine qua non de tout emploi, mais «nos enfants ont été instruits en arabe depuis leur première année, alors comment feront-ils pour lire, écrire et parler couramment le français ?», s'est demandé le SG du FLN avant d'affirmer que «les autres langues ne devraient être utilisées que pour l'apprentissage des sciences, car, et comme toutes les nations, nous avons besoin d'une sécurité linguistique comme nous avons besoin d'une sécurité alimentaire, en eau ou autre».

Au cours de la pause, et en marge des travaux, M. Belayat a déclaré que le SG du FLN avait fait exprès de parler longuement de la langue arabe car elle fait l'objet d'attaques diverses de la part de ses ennemis et que chaque nation doit avoir une identité propre, mais «fort heureusement, la langue arabe est reconnue et défendue par la Constitution et par les textes de loi en vigueur en Algérie».

Concernant justement les langues dans lesquelles sont enseignées les différentes matières à l'université, M. Belayat a affirmé que c'est plutôt la qualité de la langue avec laquelle on enseigne qui est importante, car il est insensé d'utiliser une langue quelconque, comme le dialecte, pour enseigner les sciences exactes par exemple, mais il faut que la langue utilisée obéisse à des règles strictes qui ne laissent place à aucune fausse interprétation ni qui manque de précision.




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