Algérie

Attention à l'intifada footballistique !

Attention à l'intifada footballistique !
Rationnaliser les dépenses. Cette belle formule prônée par le premier argentier du pays, au lendemain de la chute du prix de l'or noir, irait à souhait à son collègue du gouvernement, le ministre des Sports. L'exercice qui consiste à réorganiser un objet ou une structure en se fondant sur la logique de façon à supprimer l'inutile, gagnerait à être appliqué par les animateurs du championnat de football national. Il faut dire que, depuis l'avènement du professionnalisme, les clubs sont entrés dans une étrange dynamique de dépenses-lamentations ahurissante basée sur une philosophie de gestion risquée. D'un côté, on rivalise d'annonces extravagantes sur les rémunérations des joueurs et de nouvelles recrues pour attirer la crème «des footballeux», faire appel à des entraîneurs étrangers de renom, organiser des stages d'entraînement à l'étranger à coup de sacs de pognon' Et, d'un autre, on crie à la faillite tout en revendiquant le soutien des pouvoirs publics ou attendant la venue d'un investisseur providentiel pour équilibrer le budget ! Mais les choses ne sont pas aussi simples que cela. Les clubs étant devenus des entreprises en quête d'investisseurs, pour attirer l'oiseau rare, il leur est indispensable de redorer leurs blasons en présentant un effectif et des résultats brillants. D'où les dépenses consenties. Mais d'un autre côté, si le bailleur de fonds ne se présente pas, c'est la chute assurée. Pari risqué donc. La faute à qui ' A la précipitation dans l'entrée en mode professionnel et la gestion archaïque de ces clubs comme du temps de l'amateurisme. Il est quand même étonnant que des clubs nés depuis plus d'une cinquantaine d'années n'aient pas à ce jour de stades, de structures propres, de centres de formation' ! Ce sont presque des fanions vides. Le drame dans cette situation, c'est que le football reste quasiment l'unique mobilisateur des foules dans ce pays. Et le malaise que vivent des clubs soutenus par des centaines de milliers de supporters risque de se répercuter dans la rue. D'ailleurs, l'épisode du MCA, où les supporters ont manifesté leur colère dans les rues de Bab El Oued en est symptomatique. Alors, il est temps que ces clubs pensent vraiment à rationnaliser leurs dépenses et ne pas trop risquer. Le professionnalisme exige de la rigueur à tous les niveaux, y compris et surtout en matière de gestion des ressources. Il n'y va plus de la santé du club seulement, mais pour éviter tout dérapage dans les rues algériennes. Attention à l'intifada footballistique.
S. A.
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