Algérie

ATTENTAT SUICIDE DE CASABLANCA La piste des islamistes graciés par le Roi


L'enquête sur le kamikaze marocain ayant perpétré l'attentat suicide dimanche dernier dans un cybercafé de Sidi Moumen, à Casablanca, et son complice, toujours hospitalisé, progresse, selon les services de sécurité marocains.  La police déclare non seulement avoir réussi à reconstituer les derniers moments avant l'attentat, mais annonce avoir mis la main sur environ 200 kilos de composants d'explosifs destinés apparemment à être utilisés dans des attentats suicides dans la capitale économique du Maroc.  Hier, la police marocaine a, en effet, effectué une perquisition dans une maisonnette qui a permis, outre la saisie des composants d'explosifs, de découvrir la carte d'identité de Abdelfettah Raydi, le kamikaze tué dans l'attentat de dimanche. Selon les premiers éléments de l'enquête, la maisonnette, qui avait été louée par une troisième personne, arrêtée peu après l'attentat lors d'un contrôle de police, aurait servi de QG au groupe terroriste, dont plusieurs membres ont été arrêtés depuis lundi. La carte d'identité du kamikaze avait été retrouvée par la propriétaire de la maisonnette, ce qui confirme la thèse avancée par la police que des terroristes se rendaient dans cette habitation pour préparer des attentats. Depuis lundi, le quartier Moulay Rachid où se trouve cette maisonnette a été quadrillé et des instructions ont été données aux commerçants de vider leurs boutiques des bonbonnes de gaz et de fermer jusqu'à nouvel ordre.  Pour l'instant, la police marocaine a activé ses investigations dans les milieux des islamistes graciés, le 16 mai 2005, par le roi Mohammed VI, puisque le kamikaze tué dimanche était un ancien détenu islamiste. La presse marocaine a annoncé, hier, qu'au moins sept anciens prisonniers islamistes ont été arrêtés à nouveau car la police les soupçonnait d'avoir entretenu des liens avec le kamikaze tué. Ce dernier, âgé de 23 ans, avait été condamné en 2003 à cinq ans de prison, avant de bénéficier de la grâce royale en 2005, à l'instar de centaines de détenus graciés lors des fêtes nationales et religieuses.  «Il y a des arrestations et une enquête est menée avec les bénéficiaires des grâces royales», écrit le journal Al-Ahdath Al-Maghribia, qui annonce que l'épouse du kamikaze tué a été également arrêtée. Son identité avait été dévoilée à la police suite aux aveux du deuxième kamikaze arrêté. Un frère du kamikaze en détention a été également arrêté lundi. «Les graciés du 16 mai en ligne de mire», titrait hier «L'Opinion», qui ajoute que l'enquête des services de sécurité s'est étendue à tous les islamistes graciés par le passé. Lundi, la police avait procédé à Casablanca à l'arrestation de plusieurs personnes soupçonnées de liens avec les deux kamikazes, selon un haut responsable de la police marocaine, qui n'a pas toutefois précisé le nombre des personnes interpellées, rapporte l'AFP. Il est à rappeler que l'attentat de dimanche a fait un mort et quatre blessés, dont le deuxième kamikaze qui avait réussi à prendre la fuite, avant d'être appréhendé par la police. L'attentat n'a toujours pas été revendiqué.  Selon des sources concordantes, les deux kamikazes ne visaient pas le cybercafé mais ils étaient présents sur les lieux pour recevoir des instructions de leurs dirigeants via Internet pour faire exploser leurs bombes dans une autre partie de la ville. Le kamikaze tué a fait exploser sa bombe après avoir eu une altercation avec le gérant du cybercafé, qui lui reprochait de taper trop fort, et avec insistance, sur le clavier d'un ordinateur.
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