Algérie

Agriculture à Béjaïa : Les potentialités de la région exposées


Le Salon de l’agriculture et des produits du terroir de Béjaïa a, pour une première édition, réussi à présenter au public une affiche assez variée en la matière. Expositions-ventes et programme de communications assez dense ont meublé la manifestation.

La Maison de la culture a vécu, dans son moindre espace, la paysannerie et l’agro-industrie de la région. L’esplanade est livrée aux élevages multiformes (ovin, bovin, avicole, cuniculiculture (lapins)) et aux pépinières. À intérieur, ont élu leurs quartiers en grand nombre, les oléiculteurs et les apiculteurs. Agrumes et maraîchages : un seul stand occupé mais celui-là est bien visible. La qualité des produits exposés force contemplation. L’exposant M. Matouk Alkama, qui a bénéficié d’un soutien Fndra, est exploitant, au lieudit Amridj à Ouzellaguen, d’une plantation que partagent 8 ha d’agrumes et 12 ha de culture maraîchère. Bien que se disant floué par une coopérative qui lui aurait refilé pour son orangeraie des plants à 240 DA l’unité sous prétexte qu’il s’agirait de la variété Washington Novell, alors qu’il lui aurait été livré un mélange de six variétés dont le prix, estimera-t-il, ne dépasserait pas les 70 DA le plant, M. Alkama explique fièrement détenir une blette unique dans la région, récolter un chou-fleur dont certaines têtes font jusqu’à 6 kg et avoir cueilli de la Thomson qui a pesé jusqu’à 1,3 kg. Sa bonne étoile tient à un sol sablonneux. Son secret : la mécanisation et un usage des hybrides. Sa présence au salon est surtout voulue « pour une vulgarisation au profit de la branche des semis utilisés ». La production d’huile, bien que sensiblement en baisse cette année, n’a pas été moins généreuse sur le plan de la qualité, tiennent à louer les producteurs présents. On explique que la sécheresse, qui a joué négativement sur le rapport quantitatif, a fait que l’olive qui n’a pas été gorgée d’eau donne une huile de bonne qualité organoleptique et gustative. A signaler un étiquetage des bouteilles vendues qui renseigne sur la saison de la production, l’oliveraie d’origine et l’identification du producteur. L’étalage de ce savoir-faire vise, selon l’un des exploitants de la région d’Akbou, de « provoquer l’octroi de fonds et la mise en place effective de véritables structures marchandes pour un écoulement au niveau du pays et à l’étranger comme produit de terroir ». Nonobstant, tel que nous l’apprend M. Bachir Hamdane, apiculteur à Tala n’Sabboun sur les hauteurs d’El Kseur, la réalité de ce que vient de vivre la région comme incendies l’été dernier et qui a eu beaucoup d’incidence sur la production de miel ; celle-ci a chuté de moitié par rapport à 2005. Cette saison, il faut se contenter de 3 à 4 kg par ruche. Il faut aussi se rendre à l’évidence que la baisse de la production a fait s’envoler les prix : il faut débourser 3000 DA le pot d’un kilo. Soulignons qu’à l’ouverture du salon, M. Mohamed Bettache le P/APW, a appelé les pouvoirs publics à une plus grande intervention de l’Etat par un autre essor du Pnda pour aller vers une plus grande diversification des activités et l’introduction de nouvelles technologies dans notamment l’irrigation et les filières de la transformation. Il revendique pour la région « un programme spécial de reboisement et la protection du patrimoine forestier ». Allusion faite aux terribles incendies de l’été 2006. Pour un assouplissement des procédures d’octroi de crédits auprès des banques, il évoquera la nécessaire révision de la loi 97/19 qui réglemente la propriété foncière et qui affecte les terrains aux exploitants agricoles sur actes de jouissance alors que pour l’engagement d’une hypothèque, les banques exigent des actes de propriété en bonne et due forme.

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