Algérie

Abdallah Mostéfa, le poète de Mohammadia

L’angoisse de l’oubli Parmi les quelques hommes de lettres qui ont réussi à s’illustrer dans la poésie française, on peut citer l’enfant de Mohammadia, Abdallah Mostéfa. Ignoré dans son pays en dépit de toutes les tentatives pour se faire connaître, il a, durant plus de 30 années, occupé une place non négligeable dans le paysage culturel français, ce qui lui vaudra de bénéficier d’une couverture médiatique tant dans la presse écrite que celle audiovisuelle. Né en 1935 à Mohammadia, le jeune Mostéfa intègre le monde du travail en 1954 après avoir réussi à obtenir un diplôme de technicien supérieur qui lui permet de trouver une place au sein d’une entreprise dans l’agroalimentaire. Après l’indépendance du pays, il intègre la police nationale jusqu’au 1965. Puis il est détaché dans son usine d’origine pour une mise à niveau de cette unité qui venait d’être nationalisée. Suite à des problèmes de relation professionnelle avec ses responsables, il démissionne et se rend à Marseille, puis à Dreux dans la banlieue parisienne où il trouvera un emploi dans la maison Philips. C’est, durant ces premières années d’émigration, qu’il commence à écrire ses premiers poèmes et les fera lire à ses compatriotes dans les bars. Il finira par attirer sur lui l’attention des journaux locaux qui lui ouvriront leurs colonnes en publiant ses poèmes qui retracent tous les aspects de la vie. Il est alors invité à des émissions de radio Luxembourg et même sur le plateau de télévision de TF1 dans une émission animée par Michel Drucker en 1978. Dans le cadre de ses voyages, il séjournera plusieurs fois au Maroc. Dans ce pays, il se fera inviter par le directeur de radio-Rabat qui se montrera très intéressé par les poèmes dont il fait traduire en arabe une douzaine qui donneront autant de titres à des chansons. Sa poésie réserve une grande place au nationalisme arabe et algérien, notamment le poème «Oh Algérie, mon pays», qui a provoqué une grande admiration de la part de l’émigration arabe, établie en France, qu’il fera vibrer à plusieurs reprises au cours de soirées organisées à l’hôtel El-Djazaïr à Paris. Tout au long de son parcours artistique, notre poète recevra plusieurs distinctions et côtoiera d’éminentes personnalités françaises et européennes de l’art et de la culture. Aujourd’hui, âgé de 71ans et atteint de plusieurs maladies, dont une arthrose qui limite ses déplacements, le poète Abdallah Mostéfa continue à vivre des deux côtés de la Méditerranée en attendant que l’on veuille bien le contacter pour faire connaître aux lecteurs de son pays son répertoire qui compte une centaine de poèmes écrits dans les deux langues et qui sommeillent dans un recueil, avec le risque de disparaître à jamais avec son auteur qui appréhende beaucoup cette issue. C’est d’ailleurs dans ce sens, qu’il envisage de saisir les responsables du secteur de la culture pour solliciter leur précieux concours. Lors de notre entretien réalisé dans son modeste appartement et où tous les objets sentent l’art et la culture, le poète a exprimé son vœu le plus cher qui consiste à voir un jour ses œuvres tomber entre de bonnes mains et qu’elles puissent inspirer les jeunes, les plus menacés par l’oisiveté. Son message est maintenant transmis aux responsables concernés, à eux de lui donner la suite qu’il mérite. Dont acte. M. Mahi
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