Rien ne semble a priori arrêter le vol des câbles téléphoniques et
électriques. Le dernier en date a été perpétré avant-hier à la cité Perret. Des
individus, non encore identifiés, se sont emparés de six types de câbles, soit
au total 1.200 paires, de l'intérieur de la chambre téléphonique qui se trouve
à quelques mètres seulement de la cité. Un autre préjudice pour la direction
d'Algérie Télécom qui venait juste de rétablir la situation après un vol survenu
le vendredi 30 décembre au niveau de la même cité.
C'est en effet la stupéfaction chez les habitants et surtout les amateurs
d'Internet. Quelque 1.400 foyers sont en effet privés d'Internet et du
téléphone dans tout ce périmètre.
Deux vols en l'espace d'une semaine et en plein centre-ville, une
situation inquiétante pour les responsables d'Algérie Télécom, puisque ces
individus se sont emparés des câbles que les agents venaient juste d'installer
en remplacement de ceux volés. Ces vols, premiers du genre au centre-ville, renseignent
sur l'ampleur du phénomène car ce fléau gagne du terrain. Après les communes
limitrophes, la mafia du cuivre a pris pour cible le centre-ville, de quoi
s'interroger sur le mode opératoire de ces réseaux et sur leur organisation.
La semaine dernière, soit le vendredi 30 décembre, les mis en cause
avaient volé deux câbles de 900
mètres chacun, trois autres de 1.500 m chacun et un autre
câble de 3.500 m.
Pendant plusieurs jours, tout le quartier de Saint Pierre et une bonne partie
de la rue de Mostaganem ont été isolés à cause de cet acte de vandalisme. Les
préjudices sont estimés à près de 9 millions de dinars, sans parler du manque à
gagner subi par Algérie Télécom.
Quelques jours auparavant, c'est à la cité Zabana
à Arzew que ces vols ont été perpétrés, plongeant le quartier dans l'isolement
total. Il ne se passe pas un jour sans que les directions d'AT
ou de Sonelgaz enregistrent de tels actes de sabotage.
A El-Moghoun, relevant d'Arzew, les habitants sont
privés du net et de téléphone après que la localité eut été vidée de tous ses
câbles. Un constat alarmant qui interpelle davantage les instances locales et
notamment les habitants à faire preuve de vigilance.
Ces réseaux spécialisés délogent les câbles des chambres bétonnées pour
extraire le cuivre qu'ils revendent pas la suite sur
le marché noir.
Il faut dire que malgré le démantèlement par les services de sécurité de
plusieurs filières versées dans le trafic illégal de câbles en cuivre, le vol
de ce produit continue. La wilaya d'Oran détient le triste record en matière de
vol de câbles téléphoniques. En 2011, 200 actes de vandalisme et de vol de
câbles ont été enregistrés par la direction d'Algérie Télécom de la wilaya
d'Oran. Ainsi et chaque fois que le réseau est dégradé, Algérie Télécom procède
à son remplacement en engageant d'importantes sommes d'argent qui, en temps
normal, seraient destinées au développement du réseau pour une meilleure
couverture et pour l'amélioration du service. Dans ce cadre, on apprend que le
préjudice causé à Algérie Télécom suite à ces actes a atteint, l'année écoulée,
11 milliards de centimes. Ces voleurs ne sévissent plus seulement dans le
périmètre périphérique d'Oran et les localités limitrophes, car, depuis un
certain temps, ils opèrent également en ville. Au début du mois en cours, ces
voleurs avaient visité la cité Emir Abdelkader. Durant une dizaine de jours, les
habitants de ce quartier ont été privés de téléphone et d'Internet. Néanmoins, les
zones relativement recluses et moins surveillées demeurent de loin les plus
touchées.
Les régions de Aïn El-Beida, Es-Sénia, El-Mohgoun, El-Menzah (Canastel), Haï Essabah et Bir El-Djir restent les localités où ce phénomène fait rage. Rien
n'est épargné, ni les câbles de tous diamètres ni les néoprènes d'abonnés. Chaque
jour, depuis plusieurs années, ces équipements en cuivre sont convoités par les
réseaux mafieux. Des centaines de mètres de câbles de toutes capacités sont
délogées régulièrement de leurs canalisations, y compris la fibre optique, malgré
le bétonnage des chambres.
Les voleurs de câble, convoité pour le cuivre qu'il contient (matériau
revendu à la pesée à des ferrailleurs), sévissent le plus dans la périphérie
d'Oran et les localités limitrophes. Le cuivre est proposé entre 120 et 150
dinars le kilo.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : K Assia
Source : www.lequotidien-oran.com