L'association Amgud de Draâ El-Mizan a organisé une rencontre-témoignages avec la famille de Sadia Matmar, épouse Labou, chirurgien-dentiste, assassinée par un groupe terroriste le 12 novembre 1994 dans son cabinet, à Alger, et ses camarades de combat pour la démocratie, la liberté d'expression et les droits des femmes à l'occasion de la célébration de la Journée internationale de liberté de la presse et d'expression.C'est au niveau de la bibliothèque communale de cette localité, à une quarantaine de kilomètres au sud de Tizi Ouzou, que cette activité a eu lieu hier.
En effet, après une minute de silence à la mémoire des victimes de la démocratie, son père et sa s'ur ont été invités à évoquer le parcours de cette femme valeureuse combattante. "Sadia a été assassinée pour son combat et son idéal politique. Devant la folie meurtrière des hordes terroristes, elle s'attendait au pire", a dit son père El-Hadj Si Ahmed Kader. "Elle avait pressenti sa mort parce qu'elle savait que nombreux étaient ses compagnons de lutte à avoir été déjà assassinés pour leurs idées. Elle l'avait dit même à Saïd Mekbel, assassiné quelques jours après elle, que chacun attendait son tour", a-t-il témoigné.
Sa s'ur Malika a fait un parallèle entre son combat et celui de toute sa famille durant la guerre de Libération nationale. "Elle savait qu'elle était en danger, mais elle ne voulait pas partir ailleurs. Elle disait que nous n'avions pas de pays de rechange et que l'Algérie était le pays de ses enfants. Elle militait aux côtés d'hommes et de femmes épris de justice et des valeurs humaines pour lesquelles elle s'était engagée jusqu'au jour de son odieux assassinat, alors qu'elle était en train de soigner un patient", a-t-elle rappelé à l'assistance.
Dans son intervention, Abdenour Abdeslam est revenu sur le combat de cette femme courageuse au sein du RCD et des organisations féminines.
Il a retracé aussi son engagement indéfectible pour la lutte pour les libertés, en général, et la liberté d'expression, en particulier. D'ailleurs, d'anecdote en anecdote, l'intervenant a rendu hommage à la femme kabyle qui joue un rôle primordial dans la société. En tout cas, Abdenour Abdeslam a reconnu que des femmes comme Sadia font la fierté de l'Algérie qui avance. "Nous avons beaucoup de respect pour les femmes. Elles sont des pionnières dans tous les combats. La femme est l'égale de l'homme, et ce, contrairement à ceux qui la considèrent comme un simple objet", a-t-il martelé devant l'assistance.
Notre confrère-chroniqueur de Liberté Mustapha Hammouche a souligné que Mme Labou était une femme à l'avant-garde du combat démocratique en Algérie et qu'elle avait marqué de son empreinte la lutte pour les libertés. "Elle était toujours disponible. Elle a choisi le militantisme alors qu'elle avait tout pour mener une vie paisible. Elle avait les moyens d'aller vivre ailleurs, mais elle n'a pas voulu abdiquer devant la machine meurtrière des intégristes. Nous remercions tous ceux qui ont pensé à cet hommage. C'est un devoir de mémoire contre l'oubli de toutes ces victimes tombées sous les balles assassines de l'intégrisme islamiste. Pour que personne ne les oublie", a-t-il estimé. Un autre journaliste, Slimani Mohand, a marqué la salle par son témoignage en revenant sur le parcours de Sadia Matmar depuis sa naissance dans sa région natale dans une famille révolutionnaire, jusqu'à son assassinat, ce jour fatidique du 12 novembre 1994, en passant bien sûr par son engagement dans le RCD au moment même de ses assises tenues en novembre 1988, avant sa création officielle le
9 février 1989.
Peu avant la clôture de cette série de témoignages émouvants, Mme Boukrif, amie de la regrettée Sadia, a pris la parole pour faire, elle aussi, un témoignage poignant, qui a plongé la salle dans une vive émotion. Mme Labou, née Sadia Matmar, est née à Draâ El-Mizan après des études supérieures à l'université. Elle a obtenu son diplôme de chirurgien-dentiste et a ouvert un cabinet médical à Alger où elle a exercé jusqu'au jour de son horrible assassinat, laissant derrière elle 3 enfants en bas âge et un mari inconsolable.
O. Ghilès
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ghilès O
Source : www.liberte-algerie.com