Le musée national Cirta a organisé hier au centre culturel Malek Haddadune journée d'étude consacrée à «Tiddis, ville archéologique, témoin d'un vastepan de l'histoire de la contrée Est du pays et même d'une grande partie del'Algérie tout entière».Cette ville plusieurs fois millénaire n'a pas fini de livrer tous sestrésors archéologiques, tous ses secrets quant à la place et au rôle jouédepuis l'antiquité. Après l'annonce de l'ouverturedes travaux par le directeur de la culture de Constantine, pas moins de dixintervenants se sont succédé à la tribune pour apporter un éclairage sur unecité antique qui n'a pas fini d'intéresser chercheurs archéologiques ethistoriens sur son riche passé. Qu'il s'agisse de M. Saad Slimane del'université de Constantine, ou de Azzedine Saddiki, enseignant à l'universitéd'Alger (institut d'archéologie), ou Abdelkader Dahdouh de l'université deConstantine, institut d'histoire et d'archéologie, ou encore Nafiza Azzaza dumême institut constantinois, tous ont mis l'accent sur l'urgence de reprendreles fouilles sur une grande échelle avec des moyens conséquents «parce que toutn'a pas été dit sur le passé de Tiddis» Madame Dahou, ex-directrice du muséeCirta, n'a eu de cesse de privilégier une approche «hors des sentiers battus».Pour cette historienne: «Non ! Tiddis n'est pas comme on voudrait le fairecroire, l'aboutissement et l'accomplissement d'une civilisationlatino-chrétienne». Bien que l'influence de la Rome antique soit patente,Tiddis demeure la superposition de plusieurs civilisations qui se sont succédéeau fil de plusieurs millénaires et ce depuis le néolithique. La conférencièreen veut pour preuve la présence de dolmens, de bazinas datant de 2500 ans avantJC. La stratigraphie de ce site met en évidence les traces du passage desPhéniciens, des Libyens, des Numides, des Romains. Chaque vague ayant laissédes vestiges dont certains restent à classer, à analyser, à décrypter... Face àCirta des Aguellides et qui deviendra la capitale de Massinissa «qui réaliseral'unité du Maghreb», Tiddis de par sa position géographique était surtout unposte avancé d'observation. Mais cette fonction stratégique pour la sécurité deCirta n'a pas empêché, dira madame Dahou, que se développent des manufacturesde verre, de tuiles, de briques, de faïence, attestant de la diversité et de ladynamique d'une économie bien assise et prospère. Le 1er et le 15 de chaquemois se tenait un souk à Tiddis qui drainait une grande partie de la région duTell La gestion de l'eau potableméritait d'être soulignée et à cet égard la conférencière devait dire: «Dansune région où les sols sont imperméables, ce qui favorise le ruissellement, sedéveloppèrent dès 240 avant JC des amphores familiales qui recevaient l'eau depluie pour la stocker et la restituer au fur et à mesure des besoins. Mais cela ne suffisait pas poursatisfaire l'ensemble de la population. Aussi étaient construits des grandsbassins publics grâce à l'organisation de touizas qui impliquaient la majoritédes citoyens de Tiddis. Ce qui donne une idée de lavigueur des relations sociales». En conclusion, l'on nous annoncel'organisation de missions en vue de reprendre les fouilles et le travaild'identification et de classification du matériel archéologique.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : A Benkartoussa
Source : www.lequotidien-oran.com