Alger - Revue de Presse

Vérité sur la colonisation



L’intransigeance de Bouteflika Visiblement, le président Bouteflika entend bien faire un distinguo, dans les relations algéro-françaises, entre le présent et le passé. Autant il est pour un partenariat privilégié, sur le plan économique en s’appuyant sur une approche pragmatique, autant il reste intransigeant par rapport à l’histoire. En particulier celle de la colonisation qu’il persiste à considérer comme «un génocide culturel». Hier encore, le chef de l’Etat est revenu à la charge sur cette question pour dire qu’aucune négociation, aucun marchandage ne seront possibles face au devoir de vérité et de mémoire. Dans un message adressé aux participants au Colloque international sur «le colonialisme: entre vérité historique et polémique politique», lu en son nom par M. Mohamed Ali Boughazi, conseiller auprès de la Présidence de la République, Bouteflika explique que la colonisation «est la forme la plus barbare qui soit, en ce sens qu’elle était caractérisée par la destruction et les violations flagrantes des droits naturels et civiques les plus élémentaires du peuple algérien». Tout en rappelant cette vérité, il admet néanmoins que des historiens, obéissant à la seule rigueur méthodologique et loin des prismes idéologiques, ont tenté de restituer cette période historique dans sa vérité. «Plusieurs historiens français intègres ont levé le voile sur les crimes odieux commis par le colonisateur contre le peuple algérien et ont fait la lumière sur la réalité des pratiques abjectes qui demeureront un point noir dans l’Histoire de la France coloniale», a-t-il souligné. Faisant, par ailleurs, référence à la fameuse loi du 23 février 2005 qui reconnaît un «rôle positif» à la colonisation, Bouteflika estime «qu’il ne saurait y avoir de bon ou de mauvais colonialisme et que toute tentative de brouiller les cartes en tentant de le justifier ou de le glorifier ne saurait lui conférer une quelconque légitimité ni effacer ses séquelles. Toute entreprise en ce sens ne fera, bien au contraire, que rouvrir les plaies et entravera les efforts de ceux qui œuvrent pour la refondation d’une relation équilibrée entre deux Etats souverains». Bouteflika s’en prend également aux nostalgiques de l’Algérie française, qui sont à l’origine de la loi du 23 février. «Il semble que les affres que notre peuple a vécues et continue d’endurer du fait du colonialisme, notamment les effets des expérimentations d’armes nucléaires et les dangers que représentent les mines posées sur de vastes étendues de notre territoire, n’ont pas suffi puisque certains nostalgiques de l’Algérie française, continuent, pour des raisons connues d’eux seuls, de glorifier le colonialisme et de le considérer comme un phénomène positif, notamment en Afrique du Nord, avec une allusion toute particulière à l’Algérie». Le Président conclut son message en faisant valoir le fait que l’occultation de la vérité historique de la part de milieux politiques français encore puissants n’est pas de nature à rendre service aux relations algéro-françaises dont l’ambition est de les hisser au stade d’un partenariat privilégié. «Il est difficile de cacher la vérité historique alors que ses artisans comptent encore parmi nous et au moment où ses empreintes sont toujours saillantes et palpables». Le chef de l’Etat a affirmé que toute tentative d’ignorer cette vérité ou de l’instrumentaliser en faveur d’intérêts personnels «ne fera qu’élargir le fossé et compromettre l’avenir des relations entre les deux pays». C’est dire que le traité d’Amitié, censé être le point d’orgue de la normalisation des relations entre les deux pays, n’est pas pour demain.
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