Entre histoire et histoires
Pour ponctuer les festivités de la commémoration du 44ème anniversaire de l’indépendance nationale, le ministère des Moudjahidine a organisé, hier, un colloque international autour du thème «le colonialisme, entre la vérité historique et la controverse politique».
Et c’est le Dr. Larbi Ould Khelifa, président du Haut conseil de la langue arabe qui a présidé les travaux de la séance inaugurale de ce colloque qui se poursuit jusqu’à aujourd’hui. Un message adressé par le président de la République aux participants a été lu par Mohamed Boughazi, l’ancien ministre de l’Environnement, représentant le chef de l’Etat. Le caractère international de cette rencontre tient au fait que sur treize conférenciers attendus, neuf sont étrangers. La première conférence a été animée, hier, par l’ancien SG du FLN, M. Abdelhamid Mehri, qui s’est interrogé au cours de son intervention «S’agit-il d’un retour au passé?». Pour lui, les interférences de la chose politique sur l’écriture de l’histoire notamment coloniale ont pris, aujourd’hui, une nouvelle tournure avec la loi du 23 février 2005 faisant, rappelons-le, l’apologie du colonialisme en Afrique du nord. Cette «controverse politique» est motivée, selon Abdelhamid Mehri, par des considérations internes propres au contexte français et ses prochaines échéances électorales notamment. A l’entendre, cette loi révisionniste ne sera sûrement pas sans conséquence sur l’évolution des relations algéro-françaises. Exit donc l’analyse objective d’un passé commun tumultueux et d’un présent toujours en prise aux controverses. D’après l’orateur, ce n’est pas la première fois que l’écriture de l’histoire est ainsi instrumentalisée pour des motifs politiques, voire politiciens. Cette falsification qui s’opère, du reste, au vu et au su de tout le monde, n’est pas suffisamment dénoncée. Selon M. Mehri, elle serait même tolérée, voire encouragée par certains lobbies. Concernant la présence en France du président Bouteflika, pour soins médicaux, qui avait donné, on s’en souvient, du grain à moudre à certains officiels français, M. Mehri a déploré alors les propos «malséants» tenus notamment par le chef de la diplomatie française M. Philippe Douste- Blazy. Ces réactions démesurées avaient fait suite aux propos tenus par le président Bouteflika à Constantine lorsqu’il avait évoqué, un «génocide culturel» commis par le colonialisme français à l’égard de l’identité algérienne. Dans l’après-midi d’hier, M. El-Hadi Bakkouche, l’ancien Premier ministre tunisien devait intervenir, lui, autour du «colonialisme et résistance, entre hier et aujourd’hui». Et pour marquer la clôture de ce colloque, c’est à un conférencier français, à qui échoit, aujourd’hui, la délicate mission de conclure par une conférence très attendue. Il s’agit, en l’occurrence, de M. Henri Alleg, l’ancien directeur d’Alger Républicain, un militant de la cause algérienne, s’il en est. Ce dernier, torturé et emprisonné durant la guerre de libération nationale, en connaît, lui, un bout sur «La Question».
Mohamed-Chérif Lachichi
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com