La visite d'Etat que vient d'achever dans notre pays leprésident iranien Mahmoud Ahmadinejad s'inscrit dans la stratégie que lesautorités de Téhéran déploient pour rompre l'isolement international danslequel les Etats-Unis et leurs alliés occidentaux veulent confiner leur paysconséquemment à son refus de renoncer à son programme nucléaire.Dans cette optique, le soutien que le président iranien estvenu demander à son homologue algérien vaudrait réconfort non négligeable pourson pays, à un moment où Washington a sorti le «grand jeu» pour entraîner lesEtats arabes dans une alliance anti-iranienne, à laquelle ont déjàostensiblement souscrit la plupart d'entre eux.Que l'Algérie, pays arabe et musulman, s'abstienne deconsidérer l'Iran comme le danger potentiel qui menacerait le monde arabe,suffit aux autorités iraniennes. Pour Téhéran, la voix de notre payscontrebalance sans équivoque celles de voisins arabes trop inféodés auxEtats-Unis pour apprécier avec objectivité la réalité du conflit qui l'oppose àWashington et dans lequel ils se sont enrôlés à l'incitation del'administration de George Bush. Ce dernier n'apprécie guère que le présidentet les diplomates iraniens soient reçus dans certaines capitales, alors mêmequ'elles ont souscrit aux résolutions du Conseil de sécurité, justifiant d'unecertaine façon la politique d'isolement prônée par les Etats-Unis contrel'Iran. Et il n'y a aucun doute que Washington a vu d'un mauvais oeil la visiteeffectuée à Alger par Mahmoud Ahmadinejad. C'est en direction de ces pays quele président américain a réitéré, dimanche, la détermination de «continuer àisoler l'Iran parce qu'il n'est pas une force du bien et, comme nous pouvonsvoir, ils (les Iraniens) ont une influence déstabilisatrice où qu'ils soient». SiGeorge Bush voit dans le comportement des Etats refusant de souscrire sanscondition à sa politique à l'égard de la République islamique d'Iran, de laduplicité, voire de l'anti-américanisme, il n'y a aucun doute qu'ils sont euxfondés à juger la sienne en contradiction avec le droit international et untantinet incohérente, à partir du moment où Washington fait de Téhéran uninterlocuteur sérieux et responsable auquel il est demandé sa «collaboration»dans l'affaire irakienne.L'Iran est une puissance régionale que l'on ne peutconfiner dans l'isolement international. Le dossier nucléaire est pour lui unmoyen de se faire reconnaître ce statut par la communauté internationale.L'administration américaine a largement participé, avec sa politiquemoyen-orientale et asiatique, à l'extension de l'influence de Téhéran dans cesrégions. Elle récolte ce qu'elle a semé par cette politique. Mais le pire est àcraindre dans le bras de fer qui l'oppose à l'Iran. Bush est encore plusimprévisible et irrationnel que les «mollahs» dont il veut abattre le régime.Il n'est pas sans importance dans cette perspective que des Etats essaientd'établir des passerelles entre ces deux antagonistes en proposant leursmédiations dans le respect du droit et de la légalité internationale.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Kharroubi Habib
Source : www.lequotidien-oran.com