L'Algérie redevient fréquentable après tant d'années d'isolement dues en majeure partie à la situation sécuritaire, qui a quasiment détruit le pays en détruisant au passage toute lueur d'espoir et d'avenir. A quoi cela serait-il attribué ? D'abord à une relative accalmie, à une relative réconciliation nationale que l'Histoire aura à décortiquer pour en extraire les intentions réelles et celles qui cachent quelques écrans de fumée non identifiables. Ensuite à l'envolée du prix des hydrocarbures, source principale des revenus du pays par la grâce de la conjoncture internationale. La surface financière du pays ne laisse aucun partenaire indifférent. C'est ainsi que défilent à Alger des hommes d'affaires dans tous les domaines. C'est ainsi que visitent l'Algérie des chefs d'Etat et de gouvernement de tous les coins du monde. L'Algérie ou plutôt son argent aguiche les appétits de pays qui ont quelques investissements directs et indirects à placer dans un pays en pleine « relance économique » devant les innombrables besoins qu'exprime, en ordre dispersé, une population qui attend des solutions durables. Européens, Américains et Asiatiques se relaient pour proposer logement, infrastructures, commerce, finances et même enseignement. On peut certes admettre que la personnalité du président de la République y est pour quelque chose de par les relations privilégiées qu'il a entretenues durant son parcours politique aux Affaires étrangères, mais cela suffit-il à établir des relations d'Etat à Etat au-delà des personnes ? Tout dépend de la machine gouvernementale et de sa capacité à récupérer l'air en provenance des portes ouvertes et c'est ce qui semble faire défaut. La dispersion et l'incohérence des plans de développement qui laissent en bord de route l'exclusion, l'appauvrissement, la malvie prouvent que le personnel politique ne suit pas. L'important serait de profiter de cette ouverture pour capitaliser les expériences et en constituer un réservoir de croissance au-delà des hydrocarbures. L'incohérence des attitudes politiques sur le registre de l'international avait fait de l'Iran un partenaire à éviter pendant longtemps. Pendant longtemps, l'Iran développait son expérience scientifique et technologique en s'appuyant d'abord et avant tout sur ses ressources humaines. L'idéologie et le mode de gouvernance restent du ressort et de la souveraineté de chaque pays. Notre intérêt est de développer des relations qui, même si elles nécessitent des investissements, doivent nous rapporter gros. Le partenariat se fonde d'abord sur ce principe. Les amitiés viennent après. Car, sans argent, point d'amitié.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Ahmed Saïfi Benziane
Source : www.lequotidien-oran.com