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une révolution est inéluctable Abdelali Derrar analyse le marché des assurances



une révolution est inéluctable                                    Abdelali Derrar analyse le marché des assurances
Le marché des assurances stagne. Une révolution est inéluctable. Ce sont les deux mots-clés par lesquels Abdelali Derrar, directeur de l'Institut supérieur d'assurances et de gestion (Insag), analyse l'évolution du secteur des assurances en Algérie.
Pour lui, ce secteur mérite mieux qu'une croissance annuelle de 6%, ou encore un chiffre d'affaires de 86 milliards de dinars. Il ne fait aucun doute que le chiffre d'affaires actuel du secteur est tiré essentiellement par la branche automobile, qui représente 50 à 70% du portefeuille des compagnies d'assurances ; il acquiesce carrément à la thèse selon laquelle «c'est la branche automobile qui fait fonctionner une bonne partie des compagnies d'assurances».
Dur réquisitoire de cet expert à l'adresse des acteurs du secteur. Selon lui, la performance du secteur des assurances est «nulle», puisque sa contribution au PIB (produit intérieur brut) est inférieure à 1%. «En économie, un secteur qui ne croit pas et/ou qui stagne est un secteur en faillite», dit-il. Mais il argumente : «Si demain, toutes les compagnies d'assurance devaient rembourser dans l'année tous les sinistres, elles feraient inévitablement faillite. L'Etat aurait besoin de les recapitaliser. Il est pratiquement impossible à toutes les compagnies de rembourser tous les sinistres dans l'année par rapport aux primes reçues. Il y a un réel problème en termes de provisions techniques des compagnies d'assurances.»
Abdelali Derrar, rencontré dans les locaux de son école spécialisée dans les assurances, jette ainsi un pavé dans la mare. Des mots qui ne vont assurément pas plaire aux assureurs de la place d'Alger. Cet expert ne s'arrête pas à ce stade de réquisitoire, mais appelle le ministère des Finances à «s'intéresser de près à la comptabilité des compagnies d'assurances». Un terrain miné.
Le directeur de l'Insag n'a pas peur des mots en mettant le secteur sous sa loupe analytique. D'après lui, si le ministère de tutelle décidait d'aller dans les détails de la comptabilité des compagnies d'assurances, il «constaterait que celles-ci sont théoriquement en faillite». Une «bombe à retardement», d'après l'expert.
C'est pourquoi il préconise une réforme du secteur et un intérêt à la mesure de celui investi dans le secteur bancaire. «Le marché a besoin d'une vraie révolution. Il faut revoir, en premier lieu, le fonctionnement des compagnies d'assurances, notamment les entreprises publiques. Car elles manquent de bonne gouvernance et souffrent d'une gestion archaïque qui n'est pas propre au secteur», recommande-t-il. Il rappelle que des réflexions ont été faites dans le cadre d'un projet d'assistance européenne, mais «les recommandations ont été mises dans les tiroirs».
Le constat est simple, pour lui : une bonne partie des compagnies dorment sur l'acquis de l'assurance automobile, tandis que d'autres, les assureurs publics en l'occurrence, sont confortées par les gros marchés publics.
Pourtant, le développement de deux autres branches, la «multirisques habitation» et la «catastrophes naturelles» (cat-nat), suffirait à créer une véritable dynamique au niveau du marché. Pour peu qu'il y ait un intérêt plus accru de la tutelle pour ce secteur.
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