-Vous venez de finir un exercice 2012 difficile semble-t-il. Comment vous êtes-vous préparés pour 2013 '
Nous sommes actuellement en pleine phase d'arbitrage budgétaire pour l'année 2013 et nous avons décidé de consacrer une importante enveloppe à la formation opérationnelle des effectifs. Nous avons décidé de former également nos cadres à la maîtrise de la force commerciale et technique pour qu'eux-mêmes deviennent ensuite des formateurs des agents du réseau. Nous avons fait appel à une expertise internationale en la matière. Nous mettons en place une structure technico-commerciale beaucoup plus dynamique, capable de s'adapter aux nouveaux défis. Le staff est aujourd'hui à 100% algérien. Nous l'avons beaucoup rajeuni aussi.
Les seniors, eux, s'occuperont du coaching permanent des cadres. Nous avons pour but de réaliser une croissance de 15% en 2013 grâce à de nouveaux produits auxquels nous sommes en train de réfléchir et à une nouvelle force de vente que nous mettons en place. Nous sommes en train de finaliser les approches sur deux projets immobiliers et un autre dans l'agroalimentaire avec un partenaire espagnol.
-2012 a été une année difficile ; racontez-nous ces difficultés'
L'année en cours était un peu exceptionnelle pour nous, puisque nous avons fait face à plusieurs défis, dont la perte d'une partie de notre chiffre d'affaires sous l'effet de quelques incidents pesants. Je fais référence d'abord à la perte générée par la décision de filialisation des assurances des personnes ; il y a aussi une perte occasionnée par un client, etc. Le défi était donc double pour nous ; il fallait absolument compenser ces pertes, redresser la barre et remettre l'entreprise sur le chemin de la rentabilité. En 2012, nous avons poursuivi le même rythme de développement et nous avons pu ouvrir, en dépit de toutes ces pertes, une cinquantaine d'agences.
S'il est vrai que le chiffre d'affaires de 2012 devrait se situer autour de 4 milliards de dinars, en baisse par rapport à 2011, celui-ci sera plus rentable que celui de l'année précédente pour les actionnaires de l'entreprise. Nous avons déjà publié les chiffres du premier semestre de l'année en cours qui témoignent, certes, d'une régression palpable par rapport à la même période de l'année dernière, mais nous avons pu enregistrer, tout compte fait, un résultat positif de 200 millions de dinars par rapport à la même période de 2011.
-Vous avez annoncé avoir déposé un dossier auprès du ministère des Finances pour la création d'une filiale dédiée à l'assurance des personnes (AP), le projet est-il en souffrance '
Notre projet de créer une filiale dédiée aux assurances des personnes n'a pas évolué. Mais il y a tout de même une fenêtre qui vient de s'ouvrir auprès du ministère des Finances. La tutelle vient d'autoriser les compagnies qui ne disposent pas de filiales d'assurance de personnes de signer des contrats de partenariat avec des compagnies spécialisées déjà existantes pour la distribution de produits d'AP à travers leurs réseaux directs. Nous sommes actuellement en train de mener des discussions avec les compagnies d'assurance de personnes pour la commercialisation de nos produits. Nous pensons pouvoir conclure un premier contrat avant la fin de l'année en cours, en attendant de mettre en place notre filiale dédiée à l'assurance des personnes.
-Pendant l'année 2012, tout comme durant 2011, nous avons comme l'impression que le marché des assurances stagne et traîne toujours lamentablement autour d'un chiffre d'affaires très en deçà de son potentiel. Quel est votre avis '
Il est vrai que, comparativement au potentiel existant, le marché souffre bel et bien d'une certaine stagnation. Il y a une guerre des prix qui ne dit pas son nom qui fait que tout effort de croissance est absorbé immédiatement par ces réductions anarchiques. Cependant, l'année 2012 a vu l'émergence d'une prise de conscience chez les acteurs du marché, qui n'hésitent pas désormais à poser les vrais problèmes auxquels ils sont confrontés. Nous avons commencé à poser le problème de la guerre des tarifs, une situation nuisible à la croissance du secteur. C'est pourquoi nous avons décidé, en accord avec toutes les compagnies, de plafonner les remises pour la maîtrise des tarifs.
-Quelles sont les autres difficultés réglementaires auxquelles sont confrontés les assureurs algériens '
Il y a des dossiers qui perdurent depuis quelques années, dont celui lié aux placements réglementés. La loi nous oblige aujourd'hui à placer 50% de nos avoirs en bons du Trésor, lesquels placements sont effectués à des taux de 0,1 à 0,3%, étant donné que le marché bancaire est en surliquidité. L'inflation qui se situe à 9% refroidit tout espoir de rentabilité de ces placements. Nous avons donc demandé à ce que le taux de ces placements soit ramené à 20% pour permettre d'investir les 30% restants dans des placements immobiliers et/ou en investissements directs.
Nous avons également la réglementation sur les AGA qui est problématique pour les compagnies. Nous avons demandé un assouplissement de la réglementation afin de permettre aux compagnies d'étendre leurs réseaux pour se situer près des standards internationaux en la matière. Nous avons également réclamé l'ouverture de cette activité aux universitaires moyennant une formation qualifiante. Nous avons également le dossier de la responsabilité civile automobile (RCA) qui fait subir aux compagnies beaucoup de difficultés. Il y a eu de récentes études qui ont démontré que la RCA est à 28 dollars en Algérie, alors qu'elle est à 140 dollars en Arabie Saoudite, à 300 dollars au Maroc et à environ 200 dollars en Tunisie. C'est un dossier qu'il faut ouvrir rapidement, car le déséquilibre financier des compagnies va en se creusant. Tous ces problèmes sont posés par l'UAR et nous sommes en négociations avec le ministère des Finances pour leur prise en charge.
-Comment analysez-vous le parcours d'Alliance Assurances à la Bourse d'Alger '
C'est paradoxal. Le titre d'Alliance Assurances en Bourse stagne à son niveau d'entrée. Le marché secondaire fait défaut. Les banques semblent avoir d'autres défis et d'autres préoccupations. La proposition de réforme du marché financier, venant du PNUD en collaboration avec le ministère des Finances, est importante mais insuffisante. Le marché a besoin aujourd'hui d'une décision politique volontariste de la part de l'Etat. L'Etat doit s'impliquer pour créer la dynamique du marché, quitte à aller vers des opérations de privatisation via le marché, même à taux symbolique, de certaines de ses entreprises. Le marché se caractérise aujourd'hui par la surliquidité au niveau des banques, au moment où celui des titres souffre d'une sous-liquidité chronique. Si le problème de la liquidité des titres n'est pas pris en charge par des décisions politiques, aucun autre acteur ne tentera l'aventure d'accéder à la Bourse.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ali Titouche
Source : www.elwatan.com