
La réaction des autorités algériennes face au choc pétrolier déclenché en juin 2014 a été tardive. Les premiers ajustements ont été amorcés très timidement dans la LFC 2015. Stimulé par la prise de conscience du caractère durable de la crise pétrolière, le processus de réduction des dépenses de l'Etat n'a été vraiment enclenché qu'avec la loi de finance 2016 qui ne prévoit encore que des coupes budgétaires relativement modestes et concentrées essentiellement sur les dépenses d'équipement .En puisant encore largement dans les ressources du FFR, la LF 2016 renvoie aux prochaines années les ajustements les plus importants et les "grands chantiers de réforme".La loi de finances 2015 comme si de rien n'étaitComme si le gouvernement algérien n'avait pas cru dans une première étape au caractère durable de la crise pétrolière, la loi de finances 2015, tout comme celles qui l'ont précédée depuis 2008, était inscrite sous le signe d'une importante croissance des dépenses publiques.Ces dernières étaient prévue en hausse de 15,7% par rapport à 2014. Elle était surtout marquée par une très forte croissance des dépenses d'équipement (+32 %) et une augmentation plus modérée des dépenses de fonctionnement (6 %).Les timides économies de la LFC 2015Le gouvernement a amorcé, très timidement, dans la LFC 2015, le processus de réduction des dépenses de l'Etat. La loi de finances complémentaire rendue publique le 22 juillet 2015 n'annonçait rien de nouveau dans le domaine des dépenses de fonctionnement et semblait confirmer la réputation d'"incompressibilité" de ce type de dépenses. Elle opérait en revanche en matière de dépenses d'équipement quelques coupes encore modestes mais qui donnaient déjà une idée sur l'orientation future des économies budgétaires. C'est ainsi que si le budget d'équipement enregistrait une diminution très faible (moins 104 milliards de dinars par rapport à la loi de finances initiale), les autorisations de programmes au titre des infrastructures économiques et sociales étaient en revanche déjà en baisse de près de 400 milliards de dinars.Loi de finances 2016 : le budget d'équipement, premier viséEn réalité, les premiers ajustement véritables en matière de réduction des dépenses de l'Etat sont surtout à mettre à l'actif de la loi de finances 2016 qui prévoit pour la première fois depuis de nombreuses années une diminution des dépenses de près de 9%.Ces économies budgétaires sont surtout concentrées sur le budget d'équipement qui recule de 14 %.Les dépenses de fonctionnement sont en revanche peu affectées par la "cure d'austérité" annoncée pour 2016. C'est ainsi en particulier que le montant des transferts sociaux budgétisés a atteint 1840 milliards de dinars dans le cadre du PLF 2016, en hausse de 7,5% par rapport à la LFC 2015. Le caractère encore très modeste des coupes budgétaires prévues en 2016 va rendre nécessaire le recours à l'épargne budgétaire constituée au cours des dernières années. L'épargne cumulée au sein du FRR devrait passer de 3081 milliards de dinars à fin 2015 à 1797 milliards de dinars en 2016, perdant ainsi près de la moitié de ses dotations.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Haddouche Hassan
Source : www.liberte-algerie.com