L'Uniongénérale des travailleurs algériens (UGTA) fête,aujourd'hui 24 février, le 52ème anniversaire de sa création. Evénement que lessyndicats autonomes ont décidé de « parasiter » en organisant un débrayage detrois jours à compter de cette date dans la Fonction publique. En s'invitant de la sorte àcette journée commémorative, ces syndicats entendent faire la démonstration quele temps où la centrale de Sidi Saïd pouvait à juste titre se revendiquer dumonopole de la représentation syndicale dans le pays, n'est plus de mise. Mêmesi elle continue à être investie de ce statut par les pouvoirs publics.Commeil est de tradition, des cérémonies officielles marqueront cette journée, aucours desquelles responsables syndicaux et représentants des pouvoirs publicss'attacheront à mettre en exergue le « rôle, constructeur et positif », de laplus ancienne organisation syndicale du pays. Rôle que ne lui reconnaissent plus des secteurs de plus en plus larges dumonde du travail et de la société en général. C'est peu dire en effet que l'UGTA a déçu en refusant en tant qu'organisation syndicalede s'adapter aux changements politique, économique et sociaux intervenus dansle pays depuis son basculement de l'ère du parti unique et du socialismeétatique dans celle du multipartisme et de l'économie de marché. Longtemps, lacentrale syndicale a bénéficié du préjugé favorable qu'elle devait garder saposition d'organisation syndicale prépondérante afin d'être le cadre catalyseurdes énergies combatives des travailleurs et le vecteur dynamique des luttessociales auxquelles ils sont obligés de par les réalités du nouveau contexteéconomique et social qui s'est mis en place dans le pays. Au lieu d'assumer cerôle, la vieille centrale a peu à peu dilapidé le capital de confiance et desympathie dont elle a joui en se faisant l'auxiliaire et l'alibi de politiqueséconomiques et sociales qui ont démantelé le secteur économique national etpaupérisé de larges couches sociales.Aujourd'hui,l'appareil syndical qu'est l'UGTA ne survit que parceque les pouvoirs publics ont décidé qu'il en sera ainsi. Pour cela, ils n'ontpas hésité à piétiner la loi qui en Algérie a instauré la liberté d'exercice dudroit syndical et son corollaire, le pluralisme de soncadre. N'en déplaise dans ces conditions aux milieux qui persistent à défendrecette organisation au principe qu'elle peut toujours devenir le creusetunificateur du militantisme syndical, l'UGTA n'estplus amendable. Ses apparatchiks inamovibles, dont les intérêts personnels seconfondent avec ceux des milieux de pouvoir et d'argent, ont résolument cadenasséla voie à cette perspective.N'est-cepas les meilleurs et les plus combatifs de ses ex-militants qui sontaujourd'hui les animateurs des syndicats autonomes qui lui contestent et sonstatut et sa représentativité Ence 24 février, l'UGTA aura beau invoquer son histoireglorieuse, se prévaloir d'un passé syndical qui ne fut pas sans acquis sociauxnotables, elle ne peut plus pour autant donner le change et apparaîtreautrement qu'en une organisation qui a perdu l'essence de sa raison d'être.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Kharroubi Habib
Source : www.lequotidien-oran.com