Alger - Revue de Presse

A propos de la loi du 23 février



Celas'est passé hier, à propos d'avant-hier: la fameuse loi française du 23 février2005. Vieillissant mal, la France s'y redécouvrait une mission rétroactive, semblable àcelle prospective des Américains en Irak: coloniser pour mieux construire etciviliser.Sil'Algérie mettra 132 ans pour se libérer, elle mettra encore cette fois-citrois mois pour réagir. Durant toute une année, de part et d'autre du cadavrecommun de la guerre, on mettra un point d'honneur national à crier plus haut, plusfort et plus loin. En Algérie, « la loi » permettra à certains de reprendre defausses armes, un faux maquis et réclamer une nouvelle indépendance. En France,la « loi » permettra à certains de trouver une réponse au passé, à défaut d'entrouver pour le présent. Le débat ne concernera ni les harraga,ni les terroristes du GSPC, ni les nouveaux Français du « pouvoir d'achat », niles Sénégalais, les Malgaches, les Marocains ou les Tunisiens. Cela n'empêcherapas les surenchères, la redécouverte du nationalisme ou la guerre à larepentance ici et là-bas.Leplus comique dans cette histoire qui veut marcher plus vite que la mémoire, serala suite: l'impossibilité pour les uns et des autres de faire marche arrièresans tomber dans le ridicule. Lorsque les deux Etats reviendront à la raisond'Etat, c'est-à-dire à la vente et l'achat du blé comme avant 1832, il enrestera de part et d'autre une foule armée de tambours impossibles à fairetaire. On insultera, là-bas, Bouteflika venu se fairesoigner à Val-de-Grâce, et on traitera, ici, Sarkozyd'être un produit dérivé de l'internationale juive. La France sans vocation avantses présidentielles et l'Algérie sans emploi entre deux élections, l'affaire dela loi du 23 février meublera copieusement les années 2005 et 2006, avant detomber dans une tiédeur plus intéressante à analyser que son épopée. Le FLNayant plus à faire pour garder Bouteflika et l'UMP ayant plus à faire pour se faire pardonner Sarkozy, lesdeux tomberont d'accord sur la moitié d'une solution: l'Algérie demandera desexcuses pour avoir traité Sarkozy de juif, la France demandera pardon pour avoir moins fait queles Romains de Tipaza, déjà salués par Camus.Qu'enreste-t-il ? Le malsain souvenir d'une manipulation de souvenirs. Qui a gagné ?Les Chinois: ils remplacent déjà la cuisine française en France et en Afriqueet construisent les routes et les ponts en Algérie avec l'espoir de réussir làoù les Français ont échoué. Toute l'histoire se résumant au «Plan deConstantine»: De Gaulle l'a imaginé, le FLN-ALN l'a mis en échec, Sarkozy s'enrevendique, l'Algérie l'attend d'elle-même, les Chinois l'exécutent sansexécuter personne. A la fin, c'est la colonisation chinoise qui gagne. La Méditerranée n'estplus une mer intérieure ou une frontière selon les accord d'Evian: aux yeux dumilliard chinois, c'est une flaque entre deux quartiers à peupler très vite.
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