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«Un voyage et de grandes attentes»



L'Expression: Bonjour Frida. Le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, effectue une visite de deux jours en Tunisie. Comment s'annonce- t-elle'Frida Dahmani: Il s'agit d'une visite attendue depuis l'élection des deux présidents à la tête de leurs pays respectifs, il y a de cela deux ans. Elle devait avoir lieu en 2020 mais la Covid-19 et la ma-ladie du président Tebboune ont fait qu'elle a été reportée à aujourd'hui. Cette visite de travail et d'amitié arrive à un moment charnière pour la Tunisie, car, lundi dernier, le président Kaïs Saïed a annoncé son agenda politique pour sortir le pays de la crise politique dans laquelle il est plongé depuis le 25 juillet dernier. Simple hasard' En tout cas, le timing de cette visite est perçu comme un appui à cet agenda qui doit permettre le retour du fonctionnement normal des institutions tunisiennes, d'ici à la fin de l'année 2022. Quoi qu'il en soit, la symbolique de ce voyage est très importante pour les Tunisiens qui voient, une nouvelle fois, leurs frères algériens les soutenir dans la crise multidimensionnelle qu'ils traversent, surtout que c'est le premier voyage officiel du président algérien à l'étranger. Il l'a consacré à la Tunisie, un grand signe de fraternité...
Au-delà de cette belle symbolique, quels sont les enjeux de ce voyage d'Etat'
Une histoire et 1 000 km de frontières en commun. La relation entre les deux pays ne peut être que particulière. Lors de la visite du président Saïed, en février 2020, les deux chefs d'Etat ont insisté pour le renforcement des échanges économiques entre les deux pays. Ce voyage du président algérien devrait donc sceller cette nouvelle coopération algéro-tunisienne dans de nombreux domaines. D'ailleurs, depuis plusieurs semaines, ce voyage s'est préparé avec les visites réciproques de nos Premiers ministres. Ils ont balisé le terrain, pour la bonne réussite de cette visite d'Etat, avec la conclusion de plusieurs accords dans les secteurs de l'énergie, des infrastructures, des transports, de l'investissement, du commerce... Il sera aussi certainement question de la coopération sécuritaire, qui a été renforcée depuis 2012. Les services de sécurité des deux pays travaillent en étroite collaboration. L'expérience algérienne dans la lutte antiterroriste a grandement servi la Tunisie, qui fait face à ce fléau ces dernières années.
Sur le plan géopolitique, y a-t-il des dossiers qui préoccupent la Tunisie'
L'Algérie a rompu ses relations diplomatiques avec le Maroc. La Tunisie n'a jamais eu de relations particulières avec le royaume chérifien, contrairement à l'Algérie, qui l'a toujours soutenu. Elle n'adhère donc pas sur le plan de la normalisation avec l'entité sioniste que veulent faire passer les Marocains au Maghreb. L'occasion est ainsi donnée, aux deux pays de s'unir et de développer l'axe Alger-Tunis, afin qu'il devienne le pilier du Grand Maghreb. D'ailleurs, il sera certainement question du dossier libyen, où l'Algérie et la Tunisie sont les pays les plus concernés par cette guerre. Le président Tebboune, qui a refusé de prendre part, le mois dernier, à la réunion de Paris sur la Libye, va certainement adopter une position commune avec Kaïs Saïed, loin des pressions occidentales, qui permettront le déroulement de la présidentielle libyenne dans de bonnes conditions, et entrevoir, ainsi, enfin, une sortie de crise...
Revenons un peu au peuple tunisien. Comment apprécie-t-il cette visite' A-t-il des attentes particulières'
Il faut avouer que ce voyage d'Etat du président algérien n'est pas apprécié au niveau qu'il devrait être, chez les Tunisiens, car, la situation socio-économique du pays est très difficile. La crise économique, la Covid-19 et la grève de l'essence... font que le peuple tunisien est plus concentré sur ses problèmes quotidiens que la politique ou la diplomatie. Ils sont donc quelque peu déconnectés. Néanmoins, les observateurs de la scène tunisienne sont, eux, très très ravis de ce voyage d'Etat, car ils sont conscients que cela n'apportera que du bon pour les deux pays, particulièrement la Tunisie. Des accords de coopération sont attendus pour donner un second souffle à notre économie mais il
y a aussi l'aide financière qui a de nouveau été apportée par l'Algérie, pour éviter la banqueroute à la Tunisie. Le président Tebboune a annoncé avoir accordé un crédit de 300 millions de dollars. Cela presque deux ans après les 150 millions de dollars sous forme de dépôt de garantie (non rémunéré) accordé à la Banque centrale de Tunisie, ce qui nous avait déjà permis d'éviter le défaut de paiement. Tout ce qui vient de l'Algérie ne peut donc être que positif. Nous (Tunisiens) avons hâte que les frontières terrestres entre les deux pays soient de nouveau ouvertes pour qu'on soit réuni avec nos frères algériens.
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