L'Algérie et la Tunisie, dont les relations n'ont jamais été ébranlées par un quelconque désaccord, ouvrent un nouveau chapitre de leur Histoire commune. Abdelmadjid Tebboune et Kaïs Saïed ont convenu de donner un prolongement économique et stratégique à la solidarité traditionnelle qui a de tout temps caractérisé les rapports entre les deux pays. L'importance de la délégation qui accompagne le président Tebboune annonce une réelle volonté de donner un maximum de tonus à un partenariat. Lequel n'a, à ce jour, jamais atteint les objectifs qui lui ont été assignés par les dirigeants des deux pays sur les 59 dernières années. L'ambition d'Alger, comme de Tunis consiste à ne plus se satisfaire d'actions de solidarité réciproque. Il s'agira, désormais, de consolider leur relation en la projetant dans une dynamique créatrice de valeur ajoutée pour les économies des deux pays.Cette ambition est d'autant plus essentielle pour la survie des deux Etats et la sauvegarde de leurs souveraineté, qu'il est objectivement impossible d'imaginer l'émergence de tout le Maghreb dans un contexte d'indigence économique. C'est dire que la visite d'Etat du président Tebboune est le premier jalon d'une longue série d'actions censées déboucher au final sur un bloc politico-économique d'Afrique du Nord, capable de répondre aux défis de l'heure. Le chemin à parcourir est encore très long, mais il va falloir aller très vite. Pour cause, les évolutions géostratégiques et l'apparition d'acteurs malveillants dans la région imposent aux pays l'édification d'une digue de protection pour éviter un naufrage programmé par l'ennemi commun du tandem algéro-tunisien qui n'est autre qu'Israël. Introduit dans l'espace maghrébin par le régime marocain, le sionisme constitue une menace majeure pour la stabilité de l'Algérie et de la Tunisie. Elle vient compliquer l'équation sahélo-maghrébine qui souffre déjà de l'instabilité en Libye et au Mali, provoquée par les puissants du moment. Il n'est pas faux d'affirmer que les Occidentaux ont les yeux braqués sur le Maghreb et le Sahel. Leur souci n'est certainement pas l'émancipation des peuples. Et encore moins Israël, dont les desseins pour la région relèvent du secret de Polichinelle. La liaison dangereuse israélo-marocaine aggrave l'équation géostratégique et met le Makhzen en situation d'acteur majeur de la déstabilisation. Il y a lieu de rappeler que le Maroc est le premier exportateur de drogue. Celle-ci transite par le Sahel et enrichit les chefs terroristes. Les milliards de dollars issus de ce trafic financent le terrorisme et rendent impossible l'obtention d'un quelconque accord de paix. La maffia n'en veut pas. Israël aussi. Dans un contexte où la stabilité de l'Algérie, face à un Mali en quasi-déperdition et porté à bout de bras par l'accord d'Alger, une Libye hors du coup et toujours incapable d'organiser sa première élection présidentielle pluraliste, fait un peu tache dans un tableau dessiné par les puissants du moment, ces derniers ne verraient certainement pas d'un bon oeil l'émergence d'un bloc d'Etats solidaires et véritablement indépendants.
Cette donne complexe rend obligatoire une véritable course contre la montre pour mettre d'abord l'Algérie et la Tunisie à l'abri d'une agression extérieure pour ensuite travailler ensemble à tirer vers le haut la Libye, la Mauritanie, le Mali et le Niger. Mais comme disent les diplomates «une marche de 1000 kilomètres commence par un pas». Les deux pays en ont fait le premier à Tunis, à travers la visite d'Etat du président de la République.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Saïd BOUCETTA
Source : www.lexpressiondz.com