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«Un vice-président pourrait créer des tensions inutiles»



Le parti Jjil Jadid a décliné, via un communiqué, une série de propositions en lien avec la réforme constitutionnelle.Massiva Zehraoui - Alger (Le Soir) - Considérant que le « pays a besoin de changements profonds », Jil Jadid a exprimé sa volonté de « participer au débat national », en énumérant plusieurs suggestions sur la révision de la Constitution.
« Le pays doit se préparer à un changement de régime, tant dans sa conception que dans sa pratique », lit-on dans le communiqué. Entre autres propositions, le parti s'est beaucoup étalé sur la nature du régime politique, soulignant que « la séparation des pouvoirs est atteinte non pas par projection d'un schéma théorique, mais par la réflexion sur une pratique au quotidien et qui définit les rapports des institutions entre elles ».
L'entité politique défend par ailleurs le point de vue, selon lequel l'Algérie n'a jamais été préparée pour aller vers un modèle parlementaire. « L'Algérie, de par son histoire ancienne, ses structures anthropologiques et surtout de par son passé récent, ne pourrait fonctionner selon un modèle parlementaire», précise ainsi le communiqué. Développant son argumentaire, l'auteur du communiqué explique : « Dirions-nous par exemple que les Américains ne sont pas assez évolués pour adopter un tel système ' Ou, a contrario, que les Anglais ne sont pas assez évolués pour appliquer chez eux un régime présidentiel de type américain ' Non, car tout simplement l'un et l'autre ne correspondent pas aux conditions sociohistoriques de ces deux pays ». C'est donc pour des considérations culturelles et historiques que Jil Jadid juge qu'il « est inutile de bouleverser le schéma auquel s'est habitué le peuple algérien.
Le régime semi-présidentiel est celui qui semble le mieux adapté à son tempérament. Il est naturel pour lui qu'un homme puisse représenter la Nation. Notre culture nous prédispose à déléguer notre confiance à un homme qui représente le peuple ».
Par ailleurs, à propos de l'équilibre des pouvoirs exécutifs, le parti estime que « le président de la République, élu par le peuple, doit être le garant du fonctionnement normal des institutions de la République ».
Selon la même source, « ce dernier doit pouvoir engager les réformes de fond sur le long terme, et conduire la politique extérieure. Il doit être la clef de voûte du système institutionnel et le chef de l'exécutif au sens large. De par cette charge, il lui devient difficile de gérer un gouvernement au quotidien ». Il doit, par conséquent, « se faire seconder d'un véritable chef de gouvernement, lui-même responsable face au Parlement (donc choisi par le président de la République avec l'aval de la majorité parlementaire ? vote de confiance) », précise encore le document.
Jil Jadid s'est, en revanche, montré plus perplexe quant à l'installation d'un vice-président. Chose qui semble, selon lui, « en déphasage avec l'esprit du semi-présidentialisme. Un exécutif à deux pôles (présidence et chefferie de gouvernement) répond à des impératifs et à une logique politique. Par contre, un troisième pôle (vice-président) pourrait créer des tensions inutiles et des empiètements de prérogatives entraînant plus de confusions que de solutions », développe-t-il.
Le parti politique a également insisté sur l'impératif de séparer les trois pouvoirs, afin de réussir à construire « un Etat de droit », soulignant que « la limitation des mandats présidentiels et la séparation effective des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire sont essentielles ». Dans sa conclusion, Jil Jadid relève que « l'Algérie se trouve à une étape charnière de son existence. La génération de Novembre, celle qui a libéré le pays et qui l'a dirigé jusqu'à aujourd'hui, vient de céder le flambeau national ».
Estimant néanmoins que cette étape n'est pas sans risques, le parti pointe du doigt certains points inachevés et constate que « l'Etat de droit n'a pas été édifié. Une relève politique sérieuse n'a pas été formée. Le pays n'a pas été mis correctement sur les rails du développement. La corruption a pris une forme culturelle dans le corps de la société et met en danger la sécurité nationale. Notre dépendance à l'égard de l'étranger est dangereuse, notre économie réduite à l'activité de bazar, et la production nationale réduite à sa plus simple expression».
M. Z.
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