Alger - A la une

Quel rôle pour la société civile '



Courtisée et instrumentalisée pendant de longues années, la société civile a fini par être réduite à sa plus simple expression. Elle est aujourd'hui à nouveau appelée à jouer les premiers rôles. Un conseiller à la présidence lui est même dédié. Les partis politiques voient en cette soudaine sollicitude, une tentative de miner le champ politique.Nawal Imès - Alger (Le Soir) - Au lendemain de son investiture, Abdelmadjid Tebboune annonçait clairement son intention de ne pas s'adosser sur un parti politique, avouant sa préférence pour la société civile. Au fil des mois, l'intention s'est transformée en actions. C'est ainsi que le ministère de l'Intérieur faisait savoir que, désormais, le processus de création d'associations sera simplifié, avec l'adoption du système déclaratif. Quelques semaines plus tard, la présidence faisait état de l'installation d'un conseiller dédié à la société civile. Autant de sollicitations ont fini par faire douter les partis politiques qui s'interrogent sur les véritables intentions du pouvoir. S'agit-il de substituer les partis politiques par des associations '
Le président du MSP se pose la question, estimant que l'amalgame entre société civile et partis politiques était dangereux, rappelant que le champ d'action des uns et des autres était clairement défini, et qu'aucun ne pouvait prendre la place de l'autre.
Louisa Hanoune, pour sa part, voit d'un mauvais 'il la politique d'encouragement de la création d'associations ou même de partis politiques.
Pour la numéro un du PT, une association ou un parti politique est le résultat d'un processus, et non pas d'une décision de l'administration. C'est dire que les craintes sont réelles et les interrogations tout aussi grandes.
C'est que par le passé, la grande majorité des associations s'est contentée de jouer le rôle de soutien au régime en place. Invisibles et totalement inactives, des associations sans ancrage réel refont surface à l'occasion de rendez-vous électoraux avec un cahier des charges bien précis : tenter de mobiliser, tout en vendant le programme électoral.
Associations satellites, gravitant autour de partis politiques ont fini par miner l'action associative, la réduisant à une existence protocolaire sans vrai ancrage. Résultat : une société civile qui a perdu toute capacité d'influence sur une société en mal d'organisation.
Les facilitations nouvelles accordées aux associations, et le rôle qui leur est dévolu dans la nouvelle Constitution seront-ils l'occasion de redonner aux associations la possibilité de jouer le rôle qu'elles sont censées jouer loin des sphères du pouvoir et indépendamment des rendez-vous ponctuels '
Rien n'est moins sûr, lorsqu'on connaît les réflexes qui ont trop longtemps régi une société civile qui éprouve des difficultés à s'affranchir et à trouver la place qui lui sied, loin des cercles du pouvoir et proche d'une société dont elle est censée être le reflet.
N. I.
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