Alger - A la une

Un système et des limites



Un système et des limites
La rencontre des 5+5 sur la sécurité alimentaire, tenue ces deux derniers jours à Alger, a été, encore une fois, l'occasion de mettre l'accent sur la vulnérabilité des pays du bassin méditerranéen, particulièrement ceux de la rive sud, face à l'instabilité chronique des prix des matières premières alimentaires sur le marché international. Les participants à cette rencontre ont tenté de trouver des solutions à cette situation, qui devient de plus en plus inquiétante avec la forte dépendance alimentaire des pays de la rive sud vis-à-vis des marchés internationaux. C'est le cas de l'Algérie, dont les achats en blé ont augmenté de 125% durant l'année 2011. De même qu'ils se sont accrus pour d'autres produits. On le sait, c'est la facture alimentaire, en hausse de 20% en 2011, qui a poussé les importations algériennes vers les sommets. Parallèlement, l'Algérie qui ne rate pas l'occasion d'aborder le défi de la sécurité alimentaire, même si elle continue d'importer la majorité de ses besoins en produits de large consommation grâce à la rente pétrolière, n'arrive toujours pas à maîtriser les prix sur le marché national. Des prix qui atteignent souvent des pics importants faute d'un système de régulation efficace. S'il y a en effet un domaine où les pouvoirs publics ont montré leurs limites en matière de gestion, c'est bien dans la régulation des prix, faute d'un système fiable dans ce domaine. La spéculation a fini par prendre le dessus. Le recours à cette pratique à chaque fois que l'occasion se présente, par les acteurs de la sphère commerciale, pour s'enrichir sur le dos du consommateur, loin de l''il régulateur de l'Etat, le démontre. La situation exceptionnelle que vit le pays en cette période d'intempéries est une preuve de l'échec des outils de régulation. La pomme de terre, pour laquelle le gouvernement a mis en place tout un système de régulation des produits de large consommation (Syrpalac), se vend ces derniers jours à des prix exorbitants. Le kilogramme de ce féculent a atteint les 100 dinars. Où sont donc les stocks constitués dans le cadre du Syrpalac ' Où sont donc les contrôleurs du ministère du Commerce ' Il est vrai que les coupures de routes engendrées par l'enneigement retardent l'acheminement des vivres et autres denrées alimentaires, mais cela n'explique pas cette hausse effrénée des prix. Tout cela pour dire que les pouvoirs publics n'ont pas encore réussi à prémunir le consommateur contre les pratiques spéculatrices. Comment alors proposer de présider un observatoire sur la régulation des prix à l'échelle méditerranéenne quand on ne maîtrise pas le problème au plan interne ' Il y a lieu de régler cette question sur le plan interne avant de voir plus loin, juste pour montrer sa force de proposition. Sans plus. Alors, balayons d'abord devant nos portes.
S. I.
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