Son parcours d'écrivain ne ressemble à aucun autre. Ou presque! Et pour cause. Il n'a commencé à écrire que quelques années avant de prendre sa retraite en tant que haut cadre de l'Etat. Mais dès qu'il a mis le pied à l'étrier de la littérature, il est devenu, en une décennie, un romancier très prolifique. Ali Kader dont les romans sont tous suaves, agréables à lire et pleins de rebondissements, écrit et publie un roman par année depuis la parution de son tout premier livre en 2010. Autour d'un café pris entre Alger et Maâtkas, son village natal, Ali Kader nous parle interminablement de sa passion inouïe pour la littérature, mais aussi et surtout pour la langue française. «Je suis tombé sous le charme de la langue française dès ma jeunesse après avoir lu et découvert les grands auteurs classiques français», nous dit Ali Kader, en sirotant un café. Ali Kader a publié depuis son premier roman, douze livres dont un en tamazight alors que deux autres ont été traduits en langue arabe. Ali Kader explique qu'il écrit par pur plaisir et non pas pour un quelconque besoin thérapeutique comme c'est le cas de pas mal d'écrivains. Ali Kader n'écrit donc pas sous l'effet d'une certaine douleur qui est à l'origine de l'inspiration d'une bonne partie des écrivains. «Pour moi, écrire est un plaisir», dit-il avec certitude. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle il ne s'efforce jamais à écrire plusieurs pages en même temps et il ne s'empresse guère à terminer un roman comme peut le suggérer le fait qu'il publie un roman par année depuis 2010.Le plaisir d'écrire
«J'écris la première mouture d'un roman et juste après je passe à un autre sans avoir corrigé et finalisé le premier», nous dit Ali Kader quand nous l'interrogeons sur sa méthode d'écriture. Quant aux sujets traités dans ses romans, là aussi, il nous surprend en révélant que dans aucun de ses douze livres, il n'est question d'éléments autobiographiques comme c'est aussi le cas de la majorité des écrivains. D'où tire-t-il alors les sujets de ses trames' Notre interlocuteur répond: «de certaines situations ou événements qui me marquent». Ali Kader nous dit avoir écrit un roman à partir d'un fait divers lu dans un journal: le suicide d'un homme et d'une femme qui s'aiment... À partir de ce petit fait divers, Ali Kader a tissé tout un roman. De même qu'une simple rencontre, dans un pays occidental, a été à l'origine d'un autre roman. Celle racontant les difficultés du mariage d'un Algérien avec une étrangère. Chaque roman a sa source dans le vécu réel scruté scrupuleusement par le regard alerte d'Ali Kader. C'est d'ailleurs ce qui explique que sa source d'inspiration ne tarit jamais. Mais, dit-il, son prochain roman sera le premier à avoir comme toile de fond des éléments autobiographiques.
Source d'inspiration intarissable
Le roman dont le point final vient d'être mis s'intitule «Les démunis» et Ali Kader nous dit qu'il s'agit d'une trilogie et qu'il fait, en quelque sorte un clin d'oeil aux «Misérables» de Victor Hugo, roman mythique qui l'a beaucoup marqué. Il faut donc s'attendre à deux autres tomes, assure-t-il. Quant au Sila (Salon international du livre d'Alger), Ali Kader viendra avec une nouveauté qui n'en est pas totalement une. Il s'agit de la version amazighe de son roman «Feriel» qui raconte l'histoire tourmentée d'une étudiante dont le fleuve de la vie a été détourné par les circonstances hostiles et imprévisibles de l'existence. D'ailleurs, aux yeux de Ali Kader, ce roman est le meilleur qu'il ait écrit. Quand nous lui posons la question: quel est le meilleur roman que vous ayez écrit parmi les douze',il hésite un peu à donner la réponse, même s'il l'avait. «Il s'agit de Feriel», répond-il. C'est peut-être la raison qui l'a poussé à opter pour ce roman quand la décision d'en traduire un en langue amazighe lui est venue. Mais Ali Kader avait déjà publié un roman en langue amazighe aux éditions Enag, intitulé «Argaz n yemma» où il raconte le destin d'enfants dont le père a décidé un jour de les abandonner pour toujours au point où une fois adultes, ils pensaient qu'ils étaient des orphelins de père. Mais... Les onze autres romans de Ali Kader sont écrits en langue française à l'instar de «La déchirure», «Les raisins amers», «Les dents de la terre», «Le vieux fusil», «Demain n'existe peut-être pas», «Les femmes ne se cachent pas pour pleurer»... On a donc l'embarras du choix par où commencer la lecture des oeuvres de Ali Kader. En tout cas, une fois qu'on a lu un premier roman d'Ali Kader, on ne peut plus s'arrêter et on attaque toute la collection tant il s'agit de récits captivants et d'un style attractif dont les amoureux de la lecture ne pourront que se délecter inlassablement.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Aomar MOHELLEBI
Source : www.lexpressiondz.com