Dégradation - Des espaces féeriques et historiques restent enfouis en raison de l'oubli et du dénigrement de l'image de la Casbah, une médina qui se dégrade d'année en année.
«La place des Martyrs a perdu son lustre d'antan, commente notre guide, regardez en face il y avait la statue d'un cheval au centre de la placette, d'ailleurs jadis, à l'époque coloniale la population autochtone l'appelait la place du cheval allusion faite à la statue équestre du Duc d'Orléans. Tout était beau et bien structuré. Même les arrêts de bus étaient parfaitement installés de façon à faciliter la tâche aux passants. Aujourd'hui tout a été déstructuré. Des destructions massives ont emporté les plus beaux palais, mosquées et demeures de la cité.
Les cafés populaires sont tous fermés. Il ne reste que ces arrivistes et ces jeunes commerçants informels qui ont investi tous les coins de cette place. Vous voyez en face, le café Bordeaux est actuellement cadenassé». Nous empruntons la rue Viala où nous avons constaté également que le café El Bahdja, qui abritait tant de symboles et qui a réussi à créer une confrontation entre toute une génération de la Casbah et ses alentours était également fermé. Traversant la rue Bouzrina et la rue Divan nous admirons le grand édifice de Djamaâ Ketchaoua (en turc Plateau des chèvres) qui est actuellement en cours de réhabilitation.
Le premier palais prestigieux qu'on a pu visiter est celui de Dar Aziza, fille du dey, où on a pu découvrir une somptueuse construction d'architecture mauresque qui servait de résidence aux gouverneurs d'Alger à l'époque turque. Toujours dans la Basse Casbah par la rue Kinaii nous avons accédé à la rue Ben Badis (ex-Brus) puis à la rue Emile-Maupa (ex-Intendance) où se trouvait l'ancienne Mouhafadha du FLN transformée aujourd'hui en musée national de l'enluminure de la miniature et de la calligraphie Mustapha-Pacha. Ce palais est un chef-d''uvre d'architecture arabo-musulmane, il a été construit par le dey Mustapha-Pacha en 1797 pour sa famille. Lui y venait uniquement les jeudis.
Juste à l'entrée, nous avons été émerveillés par de nombreuses 'uvres prestigieuses qui remontent loin dans le temps et qui sont exposées harmonieusement. Nous avons ensuite gravi de petites marches nous permettant d'accéder au musée. Nous sommes immédiatement frappés par la fontaine de la cour intérieure (Ouast Edar). Le marbre blanc est partout présent, dans les escaliers, dans les corridors, dans les vestibules mais aussi il orne superbement cette cour. Tout est bien façonné par de talentueux artistes. Le décor est attrayant.
La faïence décore les murs avec un goût raffiné, s'harmonisant avec l'ensemble de l'architecture. Les portes et les fenêtres aux motifs de l'arabesque sont d'une grande beauté esthétique. Le bois précieux côtoie la pureté du marbre. Cela reflète le génie de la civilisation arabe qui caractérise également l'architecture des salles, les ouvertures intérieures et extérieures. Cette caractéristique se trouve également dans les voûtes et même dans les niches où les visiteurs peuvent s'asseoir à l'entrée du palais où alors se reposer entre les étages. «Montez par là pour voir les 'uvres d'arts exposées», nous dit un agent de ce musée.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : S L
Source : www.infosoir.com