Inconscience - «Il va falloir gérer la mentalité des habitants qui vivent dans l'indifférence totale».
La Fondation Casbah a lancé des actions de proximité et de sensibilisation en faveur de la population pour préserver l'environnement, mais aussi pour lutter contre l'oisiveté et la drogue. «Il va falloir gérer d'emblée la mentalité des habitants qui vivent dans l'indifférence totale», selon Babassi. «Monsieur, vous êtes en train de nettoyer pour rien, demain ce sera pire», commentent la plupart d'entre eux.
La Fondation Casbah a organisé, durant le ramadan dernier, des opérations de nettoiement sous le slogan «Pour un ramadan propre». Il a fallu faire appel à des sponsors. Le seul qui a répondu favorablement est l'opérateur de téléphonie mobile Mobilis. «Nous avons pu organiser des journées de volontariat sans la contribution des autorités locales qui devaient nous doter de moyens (pioches, pelles ...).
Aucune décision ne peut être prise du fait que la mairie n'a pas de président depuis quatre ans. Voilà une autre catastrophe. L'Etat doit mettre en place un système de veille pour éviter que les maisons soient squattées. Les maisons effondrées, bien qu'appartenant au privé, doivent être restaurées par l'Etat». Selon Babassi, les propriétaires doivent agir, à leur tour, dans les normes pour réhabiliter leurs maisons.
«Maintenant on assiste au vol des madriers puisque c'est du bois rouge importé, donc les maisons risquent de s'effondrer à tout moment». Pis encore, «on a créé un phénomène d'un trafic dès lors qu'on casse les portes des maisons pour confectionner au moins six clés qu'on revend chacune 600 000 DA sans aucune réaction ! On se demande s'il y a vraiment une volonté de sauver ce tissu. On ne peut plus circuler dans la Casbah. Nous sommes en train de créer un réseau souterrain pour vendre ces bâtisses à un ou deux milliards de centimes. Tous les jours un mur s'écroule. Le tissu est en train de rétrécir.
Les ordures et les décombres regorgent. Sans compter les mauvaises odeurs», déplore amèrement notre interlocuteur. Pour lui, la wilaya d'Alger ne peut pas intervenir dans le tissu traditionnel puisqu'il est sous la protection du ministère de la Culture.
«La wilaya d'Alger ne peut s'occuper que des choses basiques c'est-à-dire de la voirie, du ramassage des ordures. Le wali d'Alger a pu enlever 100 000 tonnes d'ordures et de gravats pour soulager les habitants et rendre la circulation plus aisée».
La rue Sidi Driss-Hamidouche
«On a créé un nouveau circuit à la rue Sidi Driss-Hamidouche pour avoir une idée de ce que peut être la Casbah demain». Cette nouvelle conception (place de jeu, des espaces de repos, pour le cuivre...) n'est, en quelque sorte, qu'une nouvelle perspective qui pourrait se répercuter au fur et à mesure sur les autres artères de la Medina, nous explique M. Babassi. «Les gens nous disent que cela est réalisé pour les touristes. Heureusement d'ailleurs, dit-il. C'est honteux pour l'Algérie comparativement à d'autres medinas des pays voisins notamment à Marrakech et à Tunis».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : S L
Source : www.infosoir.com