Alger - Revue de Presse

Un réseau de trafiquants de drogue démantelé en France



l’argent de la cocaïne blanchi en Algérie   Trente-deux personnes ont été écrouées cette semaine en France dans le cadre d’un trafic international de cocaïne, organisé depuis une cité HLM de Seine-Saint-Denis dans la banlieue parisienne, et les mis en cause blanchiraient leur argent dans l’immobilier en Algérie.   Selon le ministère de l’Intérieur français, repris hier par les agences de presse, «c’est une affaire emblématique d’une nouvelle forme du caïdat de banlieue qui s’internationalise, s’organise et s’affranchit du milieu traditionnel». La police, qui a déroulé le fil de premières arrestations en Martinique, est remontée vers la cité HLM de Saint-Ouen et notamment sur une fratrie franco-algérienne «très connue des services de police et de justice» et soupçonnée «d’organiser un vaste réseau de cocaïne» mettant en place des passages par différents pays afin d’importer le produit. Indiquant que des saisies de drogues ont été effectuées au cours des investigations, l’on rapporte que l’argent était notamment recyclé dans des achats de terrains en Algérie et que, selon le ministère de l’Intérieur, qui s’appuie sur des éléments collectés grâce à la collaboration des autorités algériennes, «les faits de blanchiment sont avérés» sachant que «les suspects avaient un train de vie d’apparence modeste, vivant du RMI ou étant employés municipaux». De même, des armes ont été également saisies, qui selon la police, pourraient permettre de résoudre une affaire de tentative d’homicide liée à ce présumé trafic et «à un règlement de compte dans le réseau». Pour le ministère de l’Intérieur français, «cela démontre que l’économie souterraine de la drogue, dans certaines banlieues, est une réalité et qu’elle est passée à une vitesse supérieure». L’on assure même que le réseau était en passe de recourir à des moyens sophistiqués pour passer la drogue, l’emprunt notamment des voies maritimes. D’ores et déjà, un resserrement des formalités de contrôle aux frontières dans les ports n’est pas à écarter. Cette affaire vient donc confirmer que l’Algérie, qui était considérée il y a quelques années seulement comme un pays qui échappait au phénomène de blanchiment d’argent, n’en est pas vraiment. En tout cas, lors de son passage à Alger en juillet 2005, le président du Comité de lutte contre le blanchiment d’argent sale, Roger Louis Cazalet, avait averti que «5.000 milliards de dollars de réserves en attente de blanchiment dans les zones off-shore ont été recensés en 2005 contre 500 millions de dollars avant 1980». Le danger était ainsi bien présent et un des membres du Conseil algérien de la cellule de traitement du renseignement financier (CTRF), installée en mars 2004, avait estimé, non sans raison, que «le marché informel en Algérie constituait un terrain fertile pour des opérations de blanchiment d’argent», même s’il considérait que la pratique n’était pas courante dans notre pays. Pour s’en prémunir, le dispositif législatif et réglementaire algérien devait donc être amendé et mis en conformité avec les lois internationales sur le blanchiment d’argent. On notera, ici, que l’Algérie a ratifiée, le 9 novembre 2003, la Convention de 2000 des Nations unies contre le crime transnational organisé, dite Convention de Palerme. Les pouvoirs publics se sont dotés ainsi d’un arsenal juridique efficace pour lutter contre le blanchiment d’argent, avec des dispositions révolutionnaires. Deux règlements importants, l’un relatif à la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme en Algérie et l’autre au système de compensation de chèques et autres instruments de paiement, ont été approuvés, en effet, en 2005, par le Conseil de la monnaie et du crédit (CMC). Le gouverneur de la Banque d’Algérie d’alors avait précisé que ces règles devaient permettre d’assurer «la traçabilité des opérations bancaires». Réda Amarni
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