Alger - Revue de Presse

H’lal alihoum, H’ram Alina



Tourisme, dites-vous?Les revenus du tourisme atteindront un milliard de dollars à l’horizon 2015 et le nombre de touristes atteindra les 4 millions, selon les prévisions de l’ex-directeur de l’Ecole supérieure du tourisme. En attendant, seulement 82.000 personnes sont venues en Algérie en 2005 et le bilan des recettes n’est que de 133 millions de dollars. Des chiffres honteux qu’il vaut mieux ne pas publier. Des recettes qui couvrent, à peine, l’entretien des personnels et des infrastructures. Les causes de cette situation désastreuse sont à rechercher ailleurs que dans l’argument sécuritaire. L’Espagne, le Liban et plusieurs pays du Sud-est asiatique ont été également frappés par la déferlante terroriste que les gestionnaires du secteur en Algérie mettent en avant pour justifier leur défaillance.Plus près de nous, la Tunisie avec ses 5 millions de visiteurs et le Maroc avec ses 4 autres, sont là pour y apporter un cinglant démenti. Et ce seront 6 et 4 milliards de dollars qui iront renflouer les caisses de nos voisins qui n’ont pas de pétrole. Pour la même population, le tourisme emploie 15.000 travailleurs en Algérie, une donnée ridicule comparée aux 620.000 du Maroc. Les experts réunis à l’occasion d’une rencontre sur le tourisme ont expliqué ce retard par les «contradictions dans la vision» et l’absence d’une «stratégie réelle». Des mots creux qui ne sont que verbiage pour fuir en avant. Les complexes touristiques algériens fonctionnent comme de vulgaires tavernes, les agences de voyage sont -dans leur majorité- des attrapes nigauds qui abandonnent le client après lui avoir soutiré son argent, et les «énormes potentialités» que l’on évoque pour prouver que le pays est une destination attrayante, sont ignorées par ceux-là même qui chantent leurs vertus. Quand à imputer à la formation, la cause de cette faillite, il vaut mieux détourner la tête pour ne pas avoir à en rire. La réalité est qu’il y a un décalage énorme entre l’offre et les potentialités et le secteur gagnerait à revoir sa stratégie de communication et de marketing. L’Algérien perçoit le visiteur -qu’il soit du cru ou étranger- comme un pigeon à plumer. Une fierté mal placée le handicape et lui donne l’impression qu’il devient, au sens dégradant du terme, un serviteur du touriste; et pour couronner le tout, le discours démagogique prend le pas sur le reste. Ce ne seront pas tant nos «plages» et nos «hôtels» que le touriste recherche, mais le contact humain et le produit artisanal qu’il emportera avec lui dans son cœur et dans ses bagages. Le meilleur exemple nous vient de cet émigré qui criait son indignation sur les ondes de la radio et qui, non seulement promettait de ne plus revenir, mais menaçait de dissuader ses amis français de venir en Algérie. Miloud Horr
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