C'est peu dire que les Algériens ont appréhendé ce mois deRamadhan qui s'achève. Ils l'ont entamé avec la double crainte d'unerecrudescence de la violence terroriste et d'une flambée incontrôlable de lacherté de la vie. Grâce à Dieu et à la vigilance des services de sécurité, cemois de Ramadhan aura été relativement paisible au plan sécuritaire. L'»AQMI»n'a pas été de ce fait en mesure de se manifester avec la sanguinaire méthodequi fut la sienne en d'autres mois de Ramadhan.
Le soulagement que ressentent les citoyens d'avoir étéépargnés des atrocités des attentats aveugles se teinte toutefois de leurrancoeur d'avoir fait les frais d'une impitoyable spéculation qui a fait ragedans les marchés.
L'inflation des prix amorcée dans le pays avant le mois deRamadhan est devenue en effet infernale pendant cette période. Même lesproduits de large consommation dont les prix sontsoutenus par l'Etat n'ont pas été épargnés par le surenchérissement. Le pireest que, contrairement à l'assurance donnée par les autorités que cetteinflation serait sous contrôle et contenue, elle devient exponentielle et toutindique qu'elle poursuivra sa spirale haussière au-delà de ce mois de Ramadhan.Profitant en effet de la demande en augmentation qui se manifestetraditionnellement à l'entame du mois sacré, les commerçants ont arbitrairementmajoré, sans données justificatives avérées, les prix de l'ensemble desproduits de large consommation. Ils n'ont pas pour autant révisé à la baisseceux-ci quand cette demande s'est faite moins importante à mesure ques'écoulaient les semaines de ce mois de jeûne. Il est par conséquent à craindreque passé ce mois de Ramadhan, les prix dans les marchés resteront au mieux àleurs niveaux qu'ils ont atteint durant cette période.C'est là une réalité qui infirme la prédiction du ministre du Commerce qui aaffirmé à la veille du mois de Ramadhan que passé les débuts de celui-ci, lesprix dans nos marchés allaient nécessairement cesserleur ascension.
L'inflation est une triste réalité avec laquelle lescitoyens doivent compter. Mais qu'ils se fassent une raison concernant lescauses exogènes en partie à l'origine de cette inflation, n'est pas pour leurfaire accepter ce que la spéculation impitoyable a de responsabilité dans sadémesure. C'est au constat que l'Etat «laisse faire» les spéculateurs qu'ilsl'en rendent responsable au premier chef de l'effondrement de leur pouvoird'achat et de la détérioration de leurs conditions de vie.
Le Ramadhan fini, le calvaire de nos concitoyens nes'atténuera pas pour autant. L'envolée des prix, qui ne doit rien pourl'essentiel à «l'inflation importée», va malheureusement se poursuivre tant queles rapaces feront la loi dans la sphère du commerce. Et ce ne sont pas les «mesurettes» prises par les autorités dans ce domaine quipoussent à l'optimisme.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Kharroubi Habib
Source : www.lequotidien-oran.com