Mardi, mercredi, faites vos jeux. Rien ne va plus. Bonatero joue et perd. Sirius botte en touche. Comme chaqueannée, le Ramadhan charrie avec lui sont lot de malentendus, de dispersion desrangs et de l'incapacité somme toute algérienne à se mettre d'accord, une bonnefois pour toute, sur la date de l'Aïd. Comme à chaque Ramadhan, deux collègess'affrontent. Deux voix discordantes dont les échos se battent par voie depresse interposée. Deux mondes, que tout sépare, se renvoient la balle au-dessusd'Algériens blasés. Un remake, une redif d'un mauvaisfeuilleton qui s'invite malgré nous aux dernières tables du jeûne. D'un côtéSir Bonatero à la tête de ses légions du Mardi, impitoyable,sans merci essayant d'encercler l'armée du Mercredi par les flancs avant delancer son offensive générale à l'approche de la nuit du doute. De l'autre côtéde l'Algérie, caché derrière les étoiles, la Cité de Sirius, dont les plus fidèles d'entre lesfidèles ont juré de défendre le territoire du Mercredi jusqu'au dernier souffle,la dernière heure du dernier jour de jeûne. Au milieu du champ de bataille, desmillions d'Algériens, le dos voûté, le regard fatigué et les poches vides. Laguerre des dates, un classique de la chronique nationale, a déjà changé lecours de l'histoire. A chaque approche de la fin du Ramadhan, le monde retientson souffle et les esprits s'échauffent. Qui de Bonateroou de Sirius aura le dernier mot ? Qui du royaume du Mardi ou de la communautédu Mercredi régnera en maître incontesté des dates jusqu'à la prochaineéchéance ? Les paris étant ouverts, les bourses mondiales prient que l'issue ducombat ne vienne aggraver la crise financière internationale. Le monde arabe, àla recherche de la réconciliation sacrée, a suspendu ses espoirs au conflit algéro-algérien. Les journaux les plus prestigieux, lestélés les plus regardées ont dépêché leurs envoyés spéciaux pour couvrirl'événement. Interviews, plateaux-télé, armée d'analystes et de spécialistes dela guerre des dates, rien n'a été laissé en rade pour la meilleure couverturepossible du conflit. Ban ki-Moon, le roi de l'Onu, amême appelé à une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de son entreprisepour discuter du cas. Mais, selon les correspondantslocaux de presse, nulle trace de toute cette effervescence en Algérie. Pas mêmeun petit couvre-feu. Ni même un discours alarmiste d'Ouyahia.Encore moins un communiqué des scouts algériens dénonçant l'ingérence desétoiles dans une question strictement nationale. Un sondage d'opinion réalisépar Radio trottoir et repris par les agences de presse fait pencher la balanceet largement vers les indifférents. De l'avis général des Algériens, que l'Aïdtombe mardi ou mercredi, ils s'en soucient peu.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Moncef Wafi
Source : www.lequotidien-oran.com