Le ministère de la Santé a mis en place une feuille de route pour régler le problème de pénurie de médicaments. La Direction générale de la pharmacie a annoncé, jeudi, que des mesures urgentes ont été prises pour stabiliser le marché du médicament. Ces mesures, prises en concertation avec les professionnels du secteur, seront mises en ?uvre à partir de cette semaine.Salima Akkouche - Alger (Le Soir) - La Direction générale de la pharmacie au ministère de la Santé dit avoir identifié les raisons de rupture des médicaments. Une fois le diagnostic fait, des mesures curatives au problème ont été décidées.
Djaoued Bourkaïb, directeur général de la pharmacie au ministère de la Santé, a indiqué, jeudi, lors d'une conférence de presse, que des «mesures urgentes ont été décidées en collaboration avec les professionnels du secteur du médicament pour mettre fin aux perturbations que connaît le marché du médicament. Pas de temps à perdre, ces mesures, a-t-il indiqué, seront mises en ?uvre à partir de cette semaine. Dans le nouveau plan d'action, le directeur de la pharmacie a prévu des réunions hebdomadaires avec la cellule de veille, «jusqu'à la fin de tous types de perturbations du marché du médicament».
Les opérateurs seront soumis également à partir de ce mois de mai à des évaluations mensuelles sur la situation de leurs stocks, des quantités de médicaments produits localement, et du planning de l'exécution des programmes d'importation. «Pour les médicaments exclusivement importés, après évaluation de la situation résultant des tensions sur le marché national des trois années antérieures qui ont entraîné souvent l'épuisement des stocks, et l'évaluation de la situation de 2019, des avenants aux programmes d'importation initiaux seront accordés, à compter du mois de mai 2019, sur des critères objectifs et selon une procédure préalablement arrêtée, notamment pour les médicaments essentiels, et ce , pour stabiliser le marché et reconstituer les stocks », a déclaré M. Bourkaïb qui a souligné que « pour les importateurs dont les engagements ne sont pas honorés, les sanctions prévues par la législation et la réglementation en vigueur seront appliquées avec une particulière acuité ».
Concernant les produits dits mixtes, produits issus de la fabrication locale, d'une part, et importés, d'autre part, l'évaluation et le contrôle porteront sur les engagements des fabricants locaux et de leurs parts de fabrication déclarées. « Toute défaillance constatée sera palliée par des mesures appropriées, y compris des importations d'appoint supplémentaires», a indiqué le conférencier qui a également précisé que «pour les produits exclusivement fabriqués localement et déclarés en rupture ou sous tension, les fabricants concernés seront interpellés et mis en demeure à l'effet de prouver que leurs engagements sont honorés, faute de quoi, des mesures palliatives seront mises en ?uvre».
Malik Aït Saïd, représentant de l'Unop, a relevé, de son côté, que le ministère de la Santé « reconnaît pour la première fois officiellement qu'il y a une rupture de médicaments ». Un bon signe, selon lui. Puisque, auparavant, poursuit-il, ce département tentait de combattre ce problème «en le niant». Et d'ajouter : «Aujourd'hui, nous avons fait le diagnostic et nous avons une ordonnance pour pouvoir traiter cette rupture .»
Révision des échéances pour les programmes d'importation
La Direction générale de la pharmacie a décidé de rapprocher, à partir de cette année, les échéances des programmes annuels prévisionnels d'importation.
Ainsi, la date du dépôt des dossiers d'importation des programmes pour l'année 2020 a été fixée au 31 juillet 2019. Auparavant, les échéances pour les dépôts de dossiers pouvaient aller jusqu'au mois de septembre. «Dorénavant, nous aurons le temps suffisant pour l'étude des dossiers et pour pouvoir délivrer les programmes d'importation avant le mois de novembre», a indiqué M. Bourkaïb.
Révision de certains médicaments issus de la fabrication locale
Certains médicaments issus de la fabrication nationale vont connaître une augmentation «raisonnable des prix».
Le directeur de la pharmacie au ministère de la Santé a expliqué qu'il s'agit des médicaments dont le prix a été jugé trop bas, non rentables, et donc susceptibles d'être abandonnés par les producteurs alors qu'il s'agit souvent de médicaments essentiels.
S. A.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Salima Akkouche
Source : www.lesoirdalgerie.com