Calvaire - La neige, le verglas et la pluie bloquent notre randonnée à travers cette partie du Titteri, mais ne découragent pas notre équipe, décidée à aller jusqu'au bout de sa mission à Benchicao et même plus loin encore.
C'est à un barrage de la Gendarmerie nationale que nous apprenons que les routes qui mènent vers les localités de Béni-Slimane et Bouskène sont obstruées par la neige. «Même les autorités qui déploient de gros moyens sont actuellement dans l'incapacité de rejoindre ces communes qui sont isolées depuis le début des intempéries», nous dit un gendarme qui nous conseille d'emprunter d'autres circuits pour rejoindre la ville de Médéa. Nous avons le choix de transiter par Bouira ou par Blida.
C'est par la ville des Roses que nous décidons de passer. C'est à peine si notre chauffeur arrive à contrôler son véhicule lorsque nous redescendons par les côtes et les virages de Tablat. Même si la peur est omniprésente à l'intérieur de notre véhicule, c'est aussi une occasion pour nous de découvrir la beauté du paysage de cette contrée de l'Algérie. Des deux côtés de la route, c'est un immense tableau blanc qui régale notre photographe qui ne se prive pas de zoomer chaque endroit.
«Ce sont des images que nous ne voyons qu'à la télévision»,dit-il avec plaisir. Jusqu'à Larbaâ à l'entrée d'Alger, nous avons également rencontré au bord de la route ces citoyens à la recherche de celle qui est devenue, l'espace d'une quinzaine de jours, la bouteille chérie : la bonbonne de gaz butane. «Ce n'est pas normal dans un pays exportateur de gaz, ça n'arrive que chez nous que soudain toute une population se mette à la recherche d'un produit que nous exportons vers d'autres pays», nous disent des citoyens, qui sont allés jusqu'à démentir les communiqués de la direction générale de Naftal. «Ils prennent leurs mensonges pour des vérités.
Ils font des déclarations pour nous dire d'aller vers l'APC pour acheter une bouteille de gaz. Au niveau de la mairie, on nous rétorque que cette institution n'est pas un dépôt de gaz pour fournir ce genre de produit aux populations. Allez comprendre quelque chose», crient des citoyens rencontrés au niveau d'une station de la société chargée de la distribution de gaz butane à Larbaâ.
Une image inhumaine s'est présentée à nous au niveau de la commune de Bougara, celle qui représente le portail de la Mitidja : Cette femme vivant avec ses quatre enfants dans un taudis entièrement envahi par les eaux de pluies et les tôles qui servent de toiture recouverte de neige. C'est un véritable congélateur que nous visitons. Sans électricité, sans eau et sans gaz, notre interlocutrice «survit par la Grâce de Dieu» pour reprendre son expression. Elle ne demande rien d'autre qu'«une bouteille de gaz pour cuisiner pour ses enfants et du charbon pour chauffer sa demeure.»
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Info Soir
Source : www.infosoir.com