Comment peut-on laisser mourir des patients atteints de maladie chronique, alors que le ministre de la Santé crie sur tous les toits que le médicament quel qu'il soit, a fortiori celui destiné aux malades chroniques, est disponible.
C'est un cri de douleur pathétique qu'a lancé une mère de famille qui nous a joint par téléphone pour nous dire toute sa colère et toute son indignation.
Sa fille, atteinte de sclérose en plaques, a été hospitalisée à deux reprises à l'hôpital Aït Idir, où le médecin traitant lui a prescrit un médicament à prendre à raison de 3 injections par semaine sur une durée assez longue. Ce médicament a pour nom le Rebif.
Ce traitement suivi dure depuis deux ans. Mais voilà que le cycle est interrompu en raison des dérives des hommes. La malade est partie en consultation pour le renouvellement de son ordonnance, mais la pharmacienne habituelle qui lui fournit le médicament lui signifie qu'elle est en rupture de stock, et que le dernier lot expire à la fin de ce mois. Prise de panique, la famille de la malade fait la chasse à ce précieux médicament dans pratiquement toutes les pharmacies d'Alger et même au-delà. Toujours la même réponse. Il n'y a pas de traitement pour 3 mois, le stock est épuisé.
La panique cède alors le pas à la colère. Comment peut-on laisser mourir des patients atteints de maladies chroniques, alors que le ministre de la Santé crie sur tous les toits que le médicament quel qu'il soit, a fortiori celui destiné aux malades chroniques est disponible. Voulant en savoir davantage et percer les secrets de cette énigmatique indisponibilité de médicament, la mère, dont on imagine la douleur, prend attache, via Internet, avec le laboratoire fabricant Merck-serono, dont le siège se trouve en Suisse.
Les responsables de ce laboratoire se montrent courtois et disponibles. Elle leur fait part de sa mésaventure. On lui demande un laps de temps pour savoir de quoi il en retourne. Une enquête urgente est diligentée. Et, stupeur ! On lui apprend qu'il n'y a pas de rupture de stock et que le médicament en question a été bel et bien envoyé en Algérie à la date précise avec toutes les références y afférentes. «Ceux qui prétendent qu'il y a une rupture de stock mentent. Nous avons fait le dispatching pour tous les distributeurs en temps voulu.»
Tombée des nues, notre bonne dame se pose mille et une questions quant au jeu trouble de ces «distributeurs» dont beaucoup n'ont aucune relation avec le médicament et qui sont plutôt guidés par le gain facile et la spéculation, quitte à se jouer de la vie des malades qui, en plus de leur handicap, doivent hélas supporter les dérives de ces pseudo distributeurs, qui, tels des charognards, n'attachent aucun intérêt à la vie humaine. Ainsi va la santé et son secteur qui n'ont jamais été aussi contestés que par les temps qui courent. Que Dieu nous préserve'
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : H T
Source : www.elwatan.com