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Festival de Locarno : les plus belles images d'Alger Actualité



Festival de Locarno : les plus belles images d'Alger                                    Actualité
Voilà un film unique en son genre. Un long documentaire de deux heures clair et passionnant et qui a suscité le plus grand intérêt du public du Festival de Locarno, avant celui de Toronto, au Canada.
Locarno (Suisse)
De notre envoyé spécial
Il s'agit rien de moins que de filmer Alger comme un modèle de beauté architecturale. De montrer sa très réjouissante ère naturelle vantée déjà par tant de photographes, de peintres et de cinéastes. Dans le film, on voit aussi l'espace urbain algérois où chaque jour qui passe s'accorde avec une vie cool et sereine, d'autant plus paradoxale que cette ville aujourd'hui entre les mains de vaillants peintres blanchisseurs de façades est souvent noyée dans un chaos automobile burlesque pour ne pas dire à certaines heures de rush dantesque.
Ce film du cinéaste allemand, Heinz Emigholz, avec la collaboration de Kenza Mehadji, tourné en juin 2011 avec l'autorisation de la wilaya et des services de sécurité (le duo a filmé même le Palais du gouvernement ultra protégé), a pour objet de montrer le travail des frères architectes français, Gustave et Auguste Perret, qui étaient aussi entrepreneurs de bâtiments.
Les deux frères ont beaucoup construit à Alger, Oran et Sétif aussi en utilisant le béton et en innovant les formes et les styles. Parler de l'architecture en Algérie, c'est souvent évoquer Pouillon, Le Corbusier, Nemeyer, La Casbah et Ghardaïa... Il y avait aussi ces frères Perret qui ont réussi un large et agréable spectre architectural dont ce documentaire témoigne avec un éclat surprenant et nouveau. Heinz Emigholz et Kenza Mehadji filment non seulement les bâtiments, mais aussi la vitalité de la vie quotidienne qui fleurit aujourd'hui autour, dans les rues et places d'Alger, brillamment sinon bruyamment enregistrée (on entend un vendeur crier : sardines, sardines...). Gustave et Auguste Perret ont construit essentiellement à Alger, à part la belle cathédrale d'Oran en 1912, aujourd'hui bibliothèque publique, et l'imposant hôpital de Sétif en 1934.
A Alger, la plus surprenante découverte pour qui passe chaque jour par le boulevard Amirouche, sans jeter un regard au ministère de l'Agriculture, c'est de voir dans ce film l'intérieur du bâtiment, véritable trésor architectural, un large espace limpide de formes, de style magnifique qui pourrait s'accorder davantage à un palace cinq étoiles qu'à une maison de l'agriculture, ce qu'était ce bâtiment au temps de la colonisation. Une grande beauté architecturale et fonctionnelle est aussi à l''uvre dans les autres sites, où le style des Perret et leurs collaborateurs explose. L'actuel Palais du gouvernement construit en 1934, l'hôpital Mustapha en 1939, l'hôpital Barbier-Hugo (Parnet) en 1936, la gare maritime d'Alger et le Yacht club en 1934-52.
Comme dans les maisons de la rue Zabana et Desfontaines, entre le boulevard Mohamed V et le Télémly. Intitulé Perret en France et en Algérie, parce qu'il montre aussi la maison des architectes à Paris et d'autres réalisations en France, le documentaire est pourtant essentiellement consacré à Alger. Les images ne manquent pas de surprendre, de faire plaisir dans un temps où on se sent un peu amer et mélancolique, regrettant parfois la beauté d'Alger en voie de disparition. On respire mieux à la sortie de la projection. Tout n'est pas perdu. Cette approche d'Alger d'un cinéaste berlinois fait du bien. Certaines images propres et belles de l'hôpital Mustapha, qu'on croyait en déclin, suscitent l'espoir. Les quelques plans du jet d'eau et de la place du 1er Mai, ça ne s'oublie pas.
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