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Un bol d'oxygène pour la Tunisie



Un bol d'oxygène pour la Tunisie
En difficulté financière, la Tunisie se tourne vers son voisin de l'ouest.La visite de deux jours, achevée hier, du Premier ministre tunisien, Mehdi Jomaa, a été fructueuse. Elle a permis aux deux pays de renforcer une relation exemplaire.La visite en Algérie de Mehdi Jomaa, la deuxième depuis son installation en février dernier, a donné lieu à la signature de trois accords d'une extrême importance pour les deux pays.Le premier, paraphé hier au siège de la primature à Alger, en présence des deux Premiers ministres, porte sur un dépôt de 100 millions de dollars qu'effectuera la Banque d'Algérie à la Banque centrale tunisienne. Le deuxième accord porte sur un prêt qu'accordera l'Algérie à la Tunisie. Quand au dernier, paraphé, comme le deuxième, entre les ministres des Affaires étrangères des deux pays, il porte sur «un prêt non remboursable» qu'accordera Alger à Tunis.Interrogés, les deux ministres, qui ont animé une conférence de presse à l'issue de la cérémonie, ont refusé de donner les montants. «Nous ne voulons pas gêner nos amis tunisiens», a répondu un cadre du ministère algérien des Affaires étrangères. Mais un membre de la délégation tunisienne a révélé que le montant des deux prêts est de 500 millions de dollars. Sans plus de détails.C'est d'ailleurs la deuxième fois que l'Algérie fait un geste de générosité envers son voisin de l'est, en proie à des difficultés financières depuis la révolution du Jasmin en 2010. En 2011, Alger avait accordé à Tunis un «prêt sans intérêt» de 100 millions de dollars.Mais à l'époque, la situation politique chez nos voisins n'était pas aussi claire que maintenant que la Constitution est adoptée et la loi électorale votée.Pour mieux exprimer le sens de ces accords, les deux ministres des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra et Moundji Hamdi, qui ont animé une conférence de presse, ne veulent pas limiter cette cérémonie à de simples accords financiers. «Nos relations sont complémentaires. Il est d'ailleurs difficile d'évaluer le montant de notre coopération, puisque des entreprises tunisiennes seront appelées, par exemple, à participer à des chantiers ici en Algérie», a expliqué M. Lamamra, pour éviter de donner un chiffre précis sur l'aide financière algérienne.Axe stratégiqueLes deux pays veulent dépasser les simples accords et passer à une étape de «coopération stratégique», a expliqué M. Lamamra. Alger et Tunis, qui sont déjà à un bon niveau de coopération politique, veulent être le socle de «la construction maghrébine», répètent à l'unisson les deux responsables. Ces derniers ont d'ailleurs rappelé les échanges en cours entre les services de sécurité des deux côtés de la frontière. «Il y a toujours des échanges d'informations et de l'entraide entre les services engagés dans la lutte contre le terrorisme», a tenu à rappeler le ministre algérien des Affaires étrangères.L'excellence des relations entre l'Algérie et la Tunisie est notamment exprimée par le flux, jamais démenti, de touristes algériens qui se rendent dans les différents sites touristiques du pays voisin.Ils sont plus d'un million d'Algériens à passer leurs vacances chez notre voisin de l'est. Le nombre n'a reculé, légèrement, que lors des événements vécus par les Tunisiens en 2011. «J'espère qu'ils vont nous aider à sauver la saison touristique cette année encore», professe Moundji Hamdi. Ce dernier a d'ailleurs annoncé que les autorités de son pays ont pris de nouvelles mesures en vue de «faciliter encore plus» l'accès des Algériens en Tunisie, un passage déjà très facilité, surtout que les deux pays n'appliquent pas de visa.La Tunisie, qui vient de voter le dernier texte, la Loi électorale, qui ouvre la voie à la tenue d'élections dès cette année, se tourne vers la relance d'une économie qui vit une crise endémique provoquée par le recul du tourisme et les dettes laissées par le dictateur déchu, Zine El Abidine Ben Ali. Le secteur touristique représente plus de 8% du produit intérieur brut tunisien, une proportion proche de celle que représente l'agriculture. Les échanges commerciaux entre les deux pays restent faibles : ils ne dépassent pas un milliard de dollars l'an.


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