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Un amour né près du beau Danube bleu



Un amour né près du beau Danube bleu
L'auteur narre dans ce roman ses mémoires de jeunesse, où beaucoup de jeunes se reconnaîtront dans une Algérie qui a changé de tout au tout.Le livre mémoriel Ruptures (éditions Elfairouz) de Mustapha Abdelkrim Toumi se laisse lire, où que l'on soit dans le métro ou dans le bus ! Et pour cause, le roman compulse tant de "ruptures", esquissées à Sofia au "T" de l'architecte, plutôt qu'au rituel de la plume. Ruptures ! C'est l'inaccessible union désirée entre Kad et Nad (Nadia) durant l'hiver de l'an 1972, lorsque Kad s'en était allé étudier en république de Bulgarie, du temps où l'Algérie chantait à tue-tête "Eh Mamia Tawra Ziraïa". Une chance inouïe en ce temps, où la frontière de l'aéroport de "Maison blanche" d'Alger ne s'ouvrait qu'au porteur de l'utopique "autorisation de sortie du territoire national". Chanceux qu'il foulait la péninsule balkanique, où ses infortunés congénères rêvaient d'être à sa place à... l'étranger. Heureux qu'il était à l'"étranger", même si c'était en terre communiste, Kad mordait à belles dents dans sa jeunesse de "jeune" progressiste qu'il était, à l'époque où l'option socialiste se croquait à la barbe du "Che" et de sa vareuse militaire. Si tant et bien que Kad rencontra inévitablement dans le campus, l'amour autour du thé et des biscuits qui nous rappelle à bien des égards nos lectures de Fiodor Dostoïevski (1821-1881). Et depuis, nos deux "tourtereaux", que tout sépare hélas, cousaient des projets... chimériques, voire illusoires ! Non que leur amour soit impossible à cause du motif rébarbatif de statut social ! Mais parce que de leur union germera, à coup sûr, le spectre du déracinement de Nadia d'avec sa mère et partant du continent européen. D'où la révolte d'une maman possessive qui s'opposa bec et ongles à l'union de Nadia avec Kad l'Africain : "Il m'avait dit qu'il était Algérien, que l'Algérie se situait en Afrique et que le bleu de mes yeux lui rappelait la mer là-bas !" Mais peut-on en vouloir à la maman qu'elle soit élaguée de ce qu'elle a de plus chère, sa chaire ' D'autant que Nadia est fille unique depuis le décès de sa s?ur Maria. Alors, et pour y mettre un terme à une liaison non désirée, Nadia fut envoyée à Moscou, où l'on ne croyait pas aux larmes. D'où le désarroi de Kad qui remonta en vain le beau Danube bleu à la recherche de sa dulcinée. En ce sens, Ruptures c'est aussi l'amour constellé d'écueils ensemencés par la perfide tante Vania sur le chemin de nos amoureux... Néanmoins, le "T" de l'architecte Kad fera une halte à Alger à l'automne de l'an 1995, où l'"infitah" (ouverture) à l'égyptienne, était pareille à l'inexorable avancée de la compression du personnel pléthorique d'entreprises à caractères socialistes. Et comme un malheur ne vient jamais seul, Kad aurait vécu... même la décennie vêtue de rouge et de noire, qui avait contraint, on s'en souvient, les épouses de l' "Est" à rebrousser chemin dans leur bloc de l'Est. Certaines ne s'en plaignaient pas de l'aubaine, notamment lors de la chute du mur de Berlin. Donc, autant de "ruptures" que l'auteur Mustapha Abdelkrim Toumi narre dans ses mémoires de jeunesse, où beaucoup de jeunes se reconnaîtront dans une Algérie qui a changé de tout au tout.Louhal NourreddineRuptures de Mustapha Abdelkrim Toumi, éditions Elfairouz 2016,
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