
A l'avènement de chaque Mawlid Ennabaoui (anniversaire de la naissance du Prophète Mohamed) la problématique des produits pyrotechniques refait surface.Malgré leur dangerosité et l'interdiction dont ils font l'objet, des réseaux les distribuent à travers le territoire national où ils sont commercialisés en toute impunité. Ce laxisme ne peut s'expliquer que par des complicités de haut niveau avec les barons de ce commerce, causant au passage des dizaines de blessés, des enfants en majorité. Des voix se sont toujours élevées pour s'insurger contre l'entrée et la commercialisation de produits pyrotechniques dans le pays. Mais il semble que les lobbys détiennent une puissance que seule une mobilisation citoyenne pourrait contraindre au recul. A ce sujet, l'Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA) a organisé, hier à Alger, une conférence de presse pour dénoncer une nouvelle fois ce commerce. Sauf que cette fois-ci, le syndicat des commerçants a opté pour une nouvelle proposition. Reste à savoir si elle fera l'unanimité. Le porte-parole de l'UGCAA, Hadj Tahar Boulenouar, a affirmé que «devant cette incapacité des pouvoirs publics à lutter efficacement contre le commerce de produits pyrotechniques, nous estimons, au sein de l'UGCAA, que le ministère du Commerce est appelé à légaliser leur commercialisation». Cette sortie peut créer des malentendus.L'UGCAA s'explique : «L'idée de légaliser leur commercialisation a pour objectif de suivre à la trace les importateurs de ces produits, les contraindre à n'importer que des produits non dangereux. Le ministère pourrait en fixer une liste détaillée.» M. Boulenouar poursuit : «Non seulement ces produits sont dangereux, mais le préjudice financier pour l'économie nationale est estimé à 15 milliards de dinars. Avec cette légalisation, on réduirait au maximum les répercussions négatives et le Trésor public pourrait comptabiliser des recettes fiscales. Car, de toute manière, le commerce de produits pyrotechniques répond à une demande qui ne cessera jamais.»Notons qu'une loi datant de 1963 interdit tout importation, commercialisation et distribution de produits pyrotechniques. Selon l'UGCAA, des barons sont à la tête de ce créneau, qui «ne prennent pas de risques dans leur investissement. Leur marge bénéficiaire est très large». Toutefois, il s'avère que le boycott serait la meilleure manière de combattre ce commerce des «pétards». En cette conjoncture notamment, comment expliquer que des chefs de famille achètent à leurs enfants des produits inutiles et dangereux ' Fêter le Mawlid Ennabaoui peut se faire sous d'autres formes, beaucoup plus sereines. Les seniors peuvent en témoigner.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M B
Source : www.elwatan.com