
A 60 ans, Tayeb Rahou, artiste- ébéniste cumule déjà 40 années d'expérience dans ce domaine.Installé à son propre compte, tout jeune, dès qu'il a affûté ses armes au sortir de l'Ecole militaire d'El Harrach (Alger) où il s'est spécialisé, entre autres, dans la construction de chalets en bois et bateaux durant les années 1976-1978. Tayeb, l'enfant des bas-fonds de Tiaret, celui qui a grandi à la cité Chaib Mohamed (ex- les Abattoirs), nourrit toujours l'espoir de voir son rêve se concrétiser. «Un rêve fou de voir les jeunes apprendre le métier d'ébéniste, si, d'aventure, le secteur de la formation daigne y conclure une convention dans ce sens et concourir à former, pour le début, au moins une vingtaine de jeunes dans les centres de formation».Tout jeune, Tayeb Rahou, qui ne ratait aucun numéro de la revue étrangère Système D, mettait du c?ur à l'ouvrage, en réalisant des chefs-d'?uvre en bois à la demande.Discret, courtois et attentionné, Tayeb est resté pourtant effacé jusqu'à ce qu'il parte en Libye à la faveur d'un contrat de travail décroché avec les Sud-Coréens de 1993 à 2006. Pendant tout ce temps-là, notre artiste s'adonnait à la construction de chalets en bois genre écotourisme et participa par la suite à l'élaboration de maquettes, dont celle pour un site touristique à Tigzirt, dans la wilaya de Tizi Ouzou. «De nos jours, les villes algériennes sont en plein essor en matière de construction, mais le problème qui me préoccupe reste cette absence de culture de construction en bois», dira avec dépit Rahou, qui ajoute qu'il ne faut pas pour autant «désespérer de voir s'opérer une transition du béton vers le bois afin de contribuer à la baisse de la facture d'importation de certains matériaux (ciment, fer, céramique, etc.)».Notre interlocuteur renchérit : «Il y a, à ce que je sache, des projets de construction de chalets en bois à usage d'habitation, bungalows sur mer, des motels en ossature bois massif en haute montagne, des aires de distraction et de détente, des sahariennes équipées en énergie solaire, habitations rurales avec greniers qui nécessitent l'intervention des ébénistes?mais, quelque part, les maîtres d'ouvrage et autres promoteurs ne font pas preuve d'innovation, c'est triste pour un pays méditerranéen comme l'Algérie.» S'agissant de son métier, Tayeb Rahou ne voit pas d'un mauvais ?il l'implication des pouvoirs publics pour «l'aider à monter une petite fabrique». Ses démarches ont été jusque-là vaines. C'est dire l'intérêt qu'on porte aux artistes !
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Fawzi Amellal
Source : www.elwatan.com