
Les travaux du Forum international de l'énergie débuteront ce matin à Alger. Ils seront suivis de la réunion informelle des membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole. Il est beaucoup attendu de cette dernière en raison de l'impact qu'elle peut avoir sur le marché mondial des hydrocarbures. Nous avons sollicité l'avis d'experts pour connaître les enjeux et ce qui est attendu de ce double rendez-vous. Mustapha Mekidèche, expert en questions énergétiques, nous donne son éclairage.Comment se présente la situation à la veille de la tenue de la réunion informelle des pays membres de l'Opep à Alger 'Globalement, les intérêts des pays membres ou non de l'Opep convergent pour une stabilisation du marché pétrolier. Ces pays connaissent de fortes contraintes budgétaires qui les empêchent de relancer leur économie. Cette situation concerne aussi bien les pays de l'Afrique que ceux du Moyen-Orient. Nous assistons donc à une conjonction et à un alignement des planètes, qui n'arrivent pas souvent mais qui est là aujourd'hui, sauf cas de position extrêmement radicale, qui favoriseraient une entente pour un gel de la production mondiale de pétrole qui se traduira par un consensus formalisé, soit lors d'une réunion ordinaire, soit lors d'une réunion extraordinaire, pour une décision et un accord définitif qui sera conclu avant le mois de décembre puis élargi à d'autres pays non Opep.L'Algérie peut-elle transformer cette réunion informelle en réunion ordinaire des membres de l'Opep 'Les tractations et les discussions sont en cours et la discrétion est fortement recommandée pour y arriver. Cependant, cela dépend aussi de la volonté des pays membres qui doivent trouver une formule pour endosser l'accord trouvé. Dans toutes les négociations et réunions de niveau mondial, la partie informelle a une grande importance car elle est porteuse d'une décision à travers des négociations et des échanges. La rencontre formelle intervient pour institutionnaliser l'accord déjà conclu dans cet espace informel.Si l'accord est formalisé, quels seraient les changements attendus sur le marché mondial du pétrole 'Il est d'abord attendu que l'accord porte sur un gel de la production au niveau réel et non pas à un niveau convenu dans le partage des parts de production au sein de l'Opep.L'accord ne porte pas non plus sur la fixation d'un plafond de la production. Sachant que l'Agence internationale de l'énergie suit régulièrement la production, les pays ne peuvent pas tricher avec le marché. C'est notamment le cas de l'Iran qui souhaite reprendre ses parts de marché d'avant-l'embargo pour pouvoir relancer son économie. L'Iran doit trouver un compromis avec les autres membres de l'Opep pour établir un programme de maintien de la production à son niveau. Il y a aussi des facteurs externes qui renforcent l'importance de la réunion d'Alger.La chute de 22% de l'investissement en hydrocarbures annoncée par l'AIE inquiète aussi les pays consommateurs dans la mesure où, dans quelques années, il ne sera plus possible de répondre à la demande exprimée. Les USA, qui ont atteint leur indépendance énergétique, ont besoin aussi de voir les prix du pétrole augmenter pour investir dans le gaz de schiste. Les prix bas du pétrole auront aussi un impact sur le développement des énergies renouvelables dont l'investissement va revenir très cher. C'est tout cela qui fait que la conclusion d'un accord est dans l'intérêt de tout le monde.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : N B
Source : www.horizons-dz.com