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Les hydrocarbures comptent donc autant que ça '



Les hydrocarbures comptent donc autant que ça '
La question pétrolière n'est plus seulement une affaire de spécialistes. En raison de son impact sur les bourses ménagères, elle est devenue le sujet de prédilection des Algériens et Algériennes qui suivent attentivement le yo-yo du marché pétrolier international. La chute des prix du baril a-t-elle secoué les Algériens ' Provoqué « une prise de conscience » par rapport à l'après-pétrole ' Des commentaires sur les réseaux sociaux, des discussions dans les marchés, les salons de coiffure, le métro et même lors des rencontres familiales tournent depuis la crise sur ce sujet « d'actualité ». Les citoyens découvrent, effarés, que les fluctuations du marché pétrolier ont un impact sur leur pouvoir d'achat et donc sur leur vie quotidienne.Peur sur la stabilité du paysLes plus âgés disent se souvenir de la chute des prix du pétrole au milieu des années 1980. « Cette chute a été à l'époque à l'origine des émeutes d'octobre 1988, suivies de la décennie noire. Il y a des contraintes sérieuses. Le peuple, notamment les jeunes, doit être conscient de la situation », dit Saïd B., retraité de l'ETUSA, rencontré dans un jardin public à Alger-Centre. Ammi Ahmed affirme lire tous les jours la presse « pour suivre les dernières informations sur le marché pétrolier international. C'est ce que je lis en premier parce que je crains les conséquences sur la stabilité du pays, notamment en raison de l'insécurité qui prévaut chez nos voisins ».Il en est de même pour Fouad S., photographe de presse, père de famille. « J'ai peur des conséquences comme cela s'est passé au Venezuela et au Niger, où des émeutes ont éclaté. Nous devons être à l'abri de tout malaise social », a-t-il soutenu.Un avis qui n'est pas partagé par un autre citoyen interrogé dans un salon de thé à la place des Martyrs. S'improvisant « spécialiste » de l'économie, Hamoud alimente le débat sur la baisse des prix du pétrole. « Les gens s'intéressent de plus en plus à la question. Personnellement, je vois que l'Algérie a les moyens de dépasser cette crise. Le prix du baril dans les années 1990 a chuté à 7 dollars. Notre pays maintient sa politique sociale, et c'est le plus important pour les citoyens », dira ce greffier à la retraite.Des Algériens plus disciplinés 'Sid-Ali, technicien de la santé, la quarantaine, dira : « Bien sûr que le sujet m'intéresse. C'est devenu la préoccupation majeure des citoyens. J'ai souscrit au programme de logements AADL et j'ai peur que le projet soit gelé à cause de la baisse des cours du pétrole. D'habitude, je ne regarde pas le journal télévisé, mais j'en suis devenu accro car il s'agit de l'avenir de mes enfants. Quel sera leur futur avec cette crise ' » Nassrou, chauffeur dans une entreprise publique, a avoué avoir changé son mode de vie. « Je suis père de trois enfants. J'ai senti la crise depuis qu'il a été décidé de doter les véhicules de service d'un kit pour économiser le carburant. Les déplacements sont limités et contrôlés », dit-il. Un groupe de jeunes étudiants rencontrés dans le métro d'Alger se disent « soulagés » par le maintien des crédits alloués aux jeunes par le biais de l'Ansej. Oussama, étudiant, est d'un autre avis : « Le chômage a toujours existé, même lors du plafonnement des prix du pétrole. Mais ce qui m'inquiète, c'est l'impact sur le pouvoir d'achat. ». Une dame âgée à bord d'un taxi se pose la question quant à la forte présence des policiers dans les grands axes de la capitale. Le chauffeur lui expliqué que c'est un dispositif sécuritaire spécial à l'occasion de la réunion de l'Opep d'Alger. « Que les prix augmentent ou chutent, rien ne change pour nous. On bataille tous les jours pour subvenir à nos besoins... », réplique-t-elle. Un homme dans le même taxi l'interrompt : « Je ne suis pas d'accord el hadja. Il faut dire que les salaires ont augmenté et le pouvoir d'achat s'est amélioré. Il n'y a pas que du négatif dans ce pays. Des gens ont été relogés, des routes ont construites ... » . « Les prix ont augmenté et nous avons du mal à boucler les fins de mois », réplique-t-elle.La crise doit réveiller les AlgériensMohamed H., ingénieur en informatique, estime que la chute des prix du pétrole doit réveiller les Algériens. « Le pétrole nous appris l'assistanat. Nous ne produisons rien, nous ne travaillons pas. C'est du vol parce que touchons des salaires sans bosser et nous attendons toujours l'intervention de l'Etat. Nous sommes un pays de consommateurs. Il est temps de s'orienter vers l'agriculture, le tourisme et l'exploitation des richesses dont nous disposons. Le pétrole, c'est fini et l'Etat providence aussi », s'est-il indigné. Un avis partagé par Rachid H., cadre, qui estime que la balle est dans le camp du peuple qui doit se mettre au travail. « Le dernier rapport du PNUD fait état du niveau élevé du développement en Algérie. Des efforts colossaux ont été fournis, mais maintenant, il faut se préparer à l'après-pétrole », estime-t-il.
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