AbdelazizBelkhadem et Mourad Medelciont donné de la voix pour ne pas accepter les «ingérences» de l'ambassadeuraméricain dans les affaires intérieures du pays. Histoire sans doute de ne paslaisser à Louisa Hanoune lemonopole de la vigilance anti-impérialiste. C'est surtout une marque de nervositéqui paraît étrange quand on sait que le champ politique est fermé et que lepouvoir n'a pas d'inquiétude à se faire.Letrès actif ambassadeur américain a rencontré beaucoup de monde, à ce qu'on dit,et pas que des «dangereux» opposants au projet de révision constitutionnelle. Parmiceux qui ont bu du thé avec M. Robert Ford, il y avait le MSP... Mais on nes'étonnera pas davantage si, demain, le MSP entonnait à son tour des critiquesà l'égard de l'ambassadeur américain. La scène politique officielle est silégère qu'on s'attend à tout. Espérons seulement que les gens du MSP et lesautres en ont profité pour dire à l'ambassadeur des Etats-Unis tout le mal queles Algériens pensent de la politique américaine à l'égard des Palestiniens.Lechef du gouvernement et le ministre des Affaires étrangères s'étant placés surle terrain de la souveraineté pour s'offusquer de ces rencontres au sujet d'uneaffaire domestique, on est censé n'avoir plus rien à dire... Et pourtant, donnons-leurraison et faisons plutôt dans la surenchère nationaliste... Outre qu'iln'accepte pas les «ingérences», M. Belkhadem ademandé à «nos partis politiques de ne pas passer par les ambassades pourexprimer leurs préoccupations».Voilàqui est bien. Si les partis politiques qui ne sont pas d'accord avec larévision constitutionnelle et le troisième mandat évitent patriotiquement lesambassades, la télévision algérienne sera-t-elle assez patriote pour leurpermettre de l'exprimer ? Les médias lourds qui sont aux mains du gouvernementsont-ils en mesure de supporter des sons de cloche différents de ceux qu'onentend depuis des mois ? Sont-ils en mesure de laisser s'exprimer des Algériensqui ont leur idée de ce que signifie l'alternance et du caractère très«démocratique» de la limitation des mandats ? Pour l'instant, la réponse estnon et tout indique qu'elle restera ainsi.C'estpourquoi, l'appel du chef du gouvernement pour que les partis - lesquelsd'ailleurs sont réellement visés par ce rappel à l'ordre ? - n'utilisent pasles ambassades pour exprimer leurs préoccupations sonne creux.Onpeut supposer que l'ambassadeur américain n'aurait pas gaspillé du temps et ducafé si les médias algériens étaient suffisamment ouverts et révélaient qu'un«débat» existe dans ce pays; et que ceux qui ne sont pas d'accord ne sont pas condamnés à une clandestinité qu'ils n'ont paschoisie mais qui leur est imposée. Dans ce cas, l'ambassadeur aurait astreintun fonctionnaire à suivre la télévision et les radios algériennes pour se fairesa petite idée.Endéfinitive, le «nationalisme» aurait commandé donc que l'on cesse demonopoliser les médias et de les orienter, dans un incroyable style passéiste, dansun seul sens. Ces Algériens mis à l'index n'auraient pas eu besoin d'aller dansdes ambassades pour dire leurs «préoccupations» si la scène nationale n'étaitpas hermétiquement close.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : sofiane
Ecrit par : K Selim
Source : www.lequotidien-oran.com