Alger - Revue de Presse

Sommet de la Francophonie du 17 au 19 octobre prochain à Ottawa



La présence de Bouteflika presque acquise Le président Bouteflika serait, à en croire des sources diplomatiques, bel et bien présent au Sommet de la Francophonie qui aura lieu du 17 au 19 octobre au Québec, tandis que d’autres laissent entendre que son calendrier très chargé ne permet pas au président de participer à ce sommet. Les principaux dirigeants québécois comptent lancer prochainement une invitation au chef de l’Etat pour assister au 400ème anniversaire de cette province du Canada. Et l’Algérie compte répondre favorablement à cette visite qui a l’air d’être un cadeau-surprise. Mais pour l’instant, le gouvernement algérien n’a pas encore réagi officiellement à cette invitation. Le plus troublant est que les services consulaires algériens refusent de répondre favorablement à la demande d’une équipe de Radio Canada qui attend depuis des jours que les autorités algériennes daignent leur délivrer un visa d’entrée en Algérie pour réaliser une série d’enquêtes et de reportages sur place. L’Algérie avait participé en 2006 aux travaux de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) en qualité «d’invité spécial». Pourtant, les Québécois ne désespèrent pas de voir l’Algérie adhérer à la Francophonie et l’annoncer triomphalement au Québec. Selon les arguments développés par ces derniers, les modifications apportées à la charte de l’OIF, au sommet de Bamako en novembre 2000, consacrant le dépassement de la doctrine basée sur l’usage commun de la langue française et prônant une doctrine respectueuse de la souveraineté, des cultures et des langues des Etats membres, plaident pour une adhésion de l’Algérie. Deuxième pays francophone par la population, l’Algérie n’est pas membre de l’OIF mais possède un statut qu’elle conserve depuis le sommet de Beyrouth en 2002 qui aura marqué la première participation de l’Algérie à ce forum de débat des pays francophones. Ce statut «d’invité spécial» ne lui confère ni le droit au vote ni à la parole. En effet, depuis son accession à l’indépendance en 1962, l’Algérie non seulement boudait cette organisation mais elle l’accusait de «visées néo-colonialistes». Ainsi, les aides proposées par l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) -bourses aux étudiants francophones, formation des enseignants en langue française et autres types de coopération culturelle- furent-elles systématiquement refusées par les Algériens. «Chaque fois qu’un chef de gouvernement tentait un tant soi peu de relancer la coopération culturelle avec la France, on assistait à une levée de boucliers des tenants de l’arabisation qui, cependant, étaient les premiers à mettre leurs propres enfants dans les écoles occidentales», fait remarquer à ce propos un universitaire d’Alger. Il en est ainsi d’un ancien ministre de l’Education qui était l’un des principaux animateurs du courant hostile à l’enseignement du français dans l’école algérienne et dont les enfants, après avoir transité par le lycée français d’Alger, aujourd’hui le Lycée international d’Alger, ont fait de brillantes études scientifiques dans de grandes écoles françaises. La décision d’intégrer l’OIF n’a pas dû être facile à prendre. Deux sondages d’opinions, réalisés en 1999 et en 2001, ont révélé que plus de 70% des Algériens étaient en faveur de l’enseignement du français dès la première année de l’école primaire. Le français «est un atout, pas une menace», avait déclaré le président Abdelaziz Bouteflika. Avec ses 63 membres, l’espace francophone devient de plus en plus une force politique. En témoigne son rôle décisif à l’Unesco pour l’adoption de la Convention sur la diversité culturelle, en octobre 2005; à New York, pour promouvoir une Organisation des Nations unies pour l’environnement (ONUE) ou créer le Conseil des droits de l’homme.   Saïd Farhi
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