La destination Espagne en recul
Le phénomène de l’émigration clandestine est-il en baisse? Tout porte à le croire si l’on prend pour vérité les propos du président de la Fédération européenne des associations algériennes, Belmeddah Noureddine.
 Selon lui, le nombre d’émigrants clandestins vers l’Espagne accuse un «net recul» pour l’année en cours. «Nous avons constaté un net recul du nombre d’émigrants interceptés en Espagne, comparativement à l’année écoulée où, en une seule journée, 250 émigrants clandestins ont été interceptés à Majorque», a-t-il indiqué hier, à l’occasion d’une conférence de presse organisée au siège du ministère de la Solidarité nationale. «L’année dernière, nous avons dénombré 15 embarcations en partance de Dellys vers Majorque, alors que cette année, aucune embarcation de cette ville côtière n’a été interceptée», a précise le président de cette fédération dont le siège est basé en Espagne. S’agissant singulièrement du dossier des «harraga» et de sa prise en charge, Belmeddah Abdellah indique qu’il vient en deuxième position des préoccupations que la fédération européenne des associations algériennes a eu à traiter depuis sa création en 2005. Pour lui, le problème des «harraga» disparus reste entier et que «la seule solution demeure l’identification grâce à l’analyse de leur ADN», une solution qui sera soumise prochainement au ministère des Affaires étrangères. En fait, précise le président de l’association, les autorités espagnoles viennent à peine d’être sensibilisées à la question. «Ce n’est qu’en juin dernier que les autorités espagnoles ont accepté d’ouvrir le dossier relatif aux disparus et que la requête de la fédération pour le rapatriement des dépouilles a été acceptée», dit-il en estimant que cette disponibilité des Espagnols «constitue une avancée dans cette affaire». Noureddine Belmeddah met aussi en relief le rôle que doivent jouer les représentations diplomatiques qui doivent, de son point de vue, fournir un effort pour octroyer des passeports aux harraga désireux de revenir en Algérie». Du fait du nombre important d’émigrants clandestins qui ont émis le souhait de rentrer au bercail, «la fédération compte exposer ce problème au ministère des Affaires étrangères». Le désir du retour est la conséquence de la désillusion de ces émigrants qui, plus est, sont souvent maltraités dans les centres d’accueil espagnols. «Nous avons, à maintes reprises, attiré l’attention des autorités sur ces comportements dégradants, mais les victimes refusent souvent de déposer des plaintes de peur d’être expulsées», a-t-il déploré.
Pour rappel, le ministre de la Solidarité nationale a annoncé une prochaine rencontre sur le phénomène de l’émigration clandestine; elle aura lieu le 27 du mois courant. Cette rencontre regroupera plusieurs départements ministériels ainsi que les représentations diplomatiques de 13 pays, en Algérie, touchés par ce phénomène. Concernant les détentions abusives d’Algériens accusés de terrorisme, le président de l’association explique que sur les 70 Algériens détenus dans les prisons ibériques pour «des liens présumés avec des réseaux terroristes», 48 ont été innocentés, 13 ont été inculpés et 9 sont toujours en détention préventive. Le dénouement heureux de ce dossier n’est pas sans rapport avec le travail de la presse algérienne, à laquelle il rend un grand hommage.
H. Senouci
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com