La participation algérienne n’est pas encore tranchée
L’Algérie n’a pas encore répondu d’une façon claire à l’invitation que lui a adressée la présidence française à participer au sommet de l’Union Pour la Méditerranée prévu le 13 juillet prochain à Paris.
Cette initiative devrait en principe prendre le relais du défunt pro-cessus de Barcelone ou Euromed, lancé en 1993, et a pour objectif, disent ses initiateurs, de rapprocher les deux rives, en développant une zone de libre échange dès 2010, à l’image de la zone du Mercosur en Amérique Latine ou l’Asean en Asie. Selon toujours les concepteurs du projet, les priorités de ce projet seront données aux domaines scientifique et environnemental, comme la lutte contre le changement climatique, la dépollution de la mer Méditerranée, l’agroalimentaire et l’énergie solaire. D’autres questions seront aussi étudiées comme l’éducation et les échanges culturels. La présidence de l’Union sera conjointe et sera assurée par un pays du Nord et un autre du Sud. Parallèlement, un secrétaire d’Etat sera chargé d’organiser tous les deux ans un sommet réunissant les Etats membres. Cependant, la présence annoncée d’Israël à ce sommet compromet la participation de nombreux pays dont la Syrie, le Liban, la Libye et l’Algérie. Le Maroc, l’Egypte et la Tunisie devraient en principe participer car n’ayant formulé jusqu’ici aucune objection. Outre les 27 pays de l’Union européenne, l’UPM espère pouvoir réunir 12 pays du Sud: Maroc, Algérie, Tunisie, Egypte, Israël, Autorité palestinienne, Jordanie, Liban, Syrie, Turquie, Albanie et Mauritanie. Le ministre des Affaires étrangères, Mourad Medelci, a ainsi demandé, récemment, au nom des pays arabes, des «clarifications sur les conséquences» de l’entrée de l’Etat hébreu dans l’UPM. La réponse est venue avant-hier de la bouche du premier ministre français, François Fillon, qui affirmait qu’Israël serait invitée au même titre que les autres états voisins du pourtour méditerranéen. En clair, l’Etat hébreu serait considéré comme un membre à part entière, jouissant des mêmes droits et devoirs que les autres Etats et qu’il est vain, voire illusoire, de rabaisser son niveau de représentation. Pourtant, du côté français, le président Nicolas Sarkozy a affirmé avant-hier que la présence d’Israël «ne posait pas de problème» aux pays arabes. Pour amener les autorités algériennes à plus de souplesse, Paris ne lésine pas sur les moyens, y compris diplomatiques, pour arriver à ses fins. Depuis les visites, en Algérie, début mai, des ministres français de l’Intérieur et des Affaires étrangères, l’Elysée sait que la présence du président algérien est plus qu’improbable.
«Nous avons dit à Kouchner toute la vérité sur ce que nous pensons du projet de l’Union pour la Méditerranée: l’Algérie n’a pas apprécié les méthodes de la France qui fait tout sans nous consulter: la vice-présidence pour l’Egypte, le secrétariat général pour le Maroc et le siège pour la Tunisie. Nous avons également expliqué que nous ne pouvons pas accepter de construire un projet de paix avec un pays comme Israël qui continue d’occuper les Territoires palestiniens. Accepter une telle initiative reviendrait pour nous à accepter cette occupation», fait-on remarquer à Alger. La prochaine visite du Premier ministre français, François Fillon, annoncée pour le 21 du mois en cours à Alger, devrait clarifier les choses et fixer définitivement la position algérienne sur le projet de l’UPM. On connaîtra alors si le président Bouteflika sera à Paris pour le sommet ou s’il s’y rendra juste dans le cadre d’une visite officielle.
Saïd Farhi
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com