Les 53 chefs d'Etat et de gouvernement africains doivent plancher, lundi et mardi prochains, sur les moyens de résoudre les crises politiques cycliques et les conflits armés récurrents en Afrique durant la 11ème session ordinaire de l'Union africaine. Les thèmes de ce sommet de l'UA sont centrés, cette année, sur les OMD (objectifs du millénaire), le NEPAD et la mise en oeuvre d'une nouvelle architecture des mécanismes de règlements des conflits en Afrique. En plus du dossier zimbabween, invité surprise des travaux de ce sommet qui se déroule en présence d'une forte délégation officielle algérienne, il y a surtout les discussions attendues sur la mise en place ou la constitution d'un gouvernement de l'Union africaine. Le gouvernement de l'UA, décidé lors de la mise en place de l'Union, reste, pour de nombreux chefs d'Etat africains, un des grands objectifs à réaliser à court terme. Selon le leader libyen Mouammar Kadhafi, ce gouvernement est plus important que ?''l'idée des Etats-Unis d'Afrique'' qu'il avait lancé il y a quelques années. Une échéance qui devrait mobiliser l'attention des participants à ce sommet, d'autant que le nombre de défis auxquels le continent fait face ne fait qu'augmenter. Il y a d'abord les conflits armés et les crises politiques entre pays voisins, les guerres civiles qui détruisent certains pays africains, notamment la Somalie et à un degré moindre la RD du Congo, alors que certains pays sont directement menacés d'implosion. Dans ce registre, il y a cette préoccupation des responsables africains présents à Charm el-Cheikh (Egypte) où est prévu le sommet de l'UA, d'éviter à ce pays de plonger dans le chaos, la guerre civile, et réduire à néant les espoirs de tout un peuple. Robert Mugabe, au pouvoir depuis la chute du régime de Salisbury et de l'ex-Rhodésie, aura mené ce pays riche et prospère vers une ruine économique certaine. Aujourd'hui, il s'agit, avec des élections présidentielles quasi truquées, de la paix civile dans ce pays qu'il faut préserver contre les démons de la guerre civile qui menace. Dimanche, le dossier zimbabween sera, en fait, au menu du Conseil de paix et de sécurité de l'UA, sur la base des décisions prises par la SADC et que préside le sud-africain Thabo Mbeki. Pour autant, l'urgent et l'essentiel n'est pas là, estime Abdelkader Messahel, le ministre algérien délégué aux affaires maghrébines et africaines. Selon lui, ?''il faut recentrer le débat sur les véritables causes de la crise alimentaire que connaissent l'Afrique et le monde entier''. Pour M. Messahel, l'état de famine qui menace pratiquement la moitié des pays africains est plus urgent et plus important que certains dossiers mis sur la table des discussions pour ce sommet africain. Sans alarmisme, M. Messahel a souligné, à Charm el-Cheikh, que cette situation alimentaire préoccupante en Afrique et dans le monde est le résultat direct des engagements non tenus des pays riches envers les pays pauvres. Ensuite, il y a également la crise des prix des produits pétroliers qui s'est négativement répercutée sur les prix des matières premières qui font l'objet de spéculations dans les marchés financiers des grands argentiers du monde, dont les pays du G-8. M. Messahel a également relevé que, parmi les causes de cette famine alimentaire qui guette les pays africains les plus pauvres, il y a ?''le désordre qui caractérise l'économie mondiale'', ainsi que le désintérêt des institutions financières internationales. Le ministre a fait remarquer que la flambée des cours pétroliers n'est qu'une des nombreuses manifestations de l'actuelle crise économique qui, par ailleurs, fait peser sur les pays africains producteurs du pétrole eux-mêmes des contraintes sur leurs économies, notamment en ce qui concerne l'enveloppe alimentaire. La facture alimentaire des pays africains est ainsi devenue presque ingérable du fait de la hausse des produits agricoles, notamment les céréales et les oléagineux, ainsi que la chute du dollar face aux principales devises. Dans ce contexte, M. Messahel a rappelé l'existence du fonds de solidarité de l'OPEP qui intervient, d'une manière régulière, dans le soutien aux économies africaines. Les 53 chefs d'Etat et de gouvernement africains, qui vont plancher sur la crise politique au Zimbabwe, avec un soutien à Robert Mugabe, devront, par ailleurs, faire le diagnostic du fonctionnement des institutions de l'UA. Mais également se pencher autant sur les crises politiques et les conflits armés qui déchirent l'Afrique, que sur la mise en place d'institutions de l'UA, dont le Premier Gouvernement de l'Union.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Ali Babès
Source : www.lequotidien-oran.com